LE BEBE DE ROSEMARY (1968) - fiche et genèse du film -
Titre original : ROSEMARY'S BABY

Scénario : Roman Polanski, d’après le roman de Ira Levin. Production : Paramount/William Castle Enterprises. Producteur : William Castle. Directeur de production : Bill Davidson. Producteur associé : Dona Holloway. Budget : 3, 8 millions de dollars. Casting : Hoyt Bowres.

Interprétation : Mia Farrow (Rosemary Woodhouse), John Cassavetes (Guy Woodhouse), Ruth Gordon (Minnie Castevet), Sidney Blackmer (Roman Castevet), Maurice Ewans (Edward Hutchins), Ralph Bellamy (Dr Sapirstein), Victoria Vetri (Terry Gionoffrio), Patsy Kelly (Laura-Louise), Elisha Cook Jr (Mr Kicklas), Emmaline Henry (Elise Dunstan), Charles Grodin (Dr. Hill), Hanna Landy (Grace Cardiff), Philip Leeds (Dr Shand), D’Urville Martin (Diego), Hope Summers (Mrs Gilmore), Marianne Gordon (Joan Jellicoe), Wende Wagner (Tiger), Walter Baldwin (Mr Wees), Linda Brewerton (body-double Mia Farrow), William Castle (homme inquiétant près de la cabine téléphonique), Sharon Tate (femme lors de la fête), Tony Curtis (voix au téléphone).


Mia Farrow (Rosemary Woodhouse)


John Cassavetes (Guy Woodhouse)
& Mia Farrow (Rosemary Woodhouse)

Lieux de tournage : Dakota Hotel (New-York, USA), Studios Paramount (L.A., USA). Technique: 35mm. 1.66. Technicolor. Assistant-réalisateur : Daniel McCauley. Chef opérateur : William Fraker. Décorateur de production : Richard Sylbert. Directeur artistique : Joel Schiller. Décorateur : Robert Nelson. Costumes : Anthea Sylbert. Maquillage : Allen Snyder (coiffures : Sherry Wilson). Coiffures de Mia Farrow : Sydney Guilaroff & Vidal Sassoon. Script-girl : Luanna Poole. Ingénieur du son : Harold Lewis. Montage : Sam O’Steen & Bob Wyman. Musique : Krzystof Komeda. Effets spéciaux : Edouard Farciot. Langue: anglais.

Durée : 2h 17. Sortie : 12 juin 1968 (USA). Entrées/Recettes : 30 millions de dollars (USA).

DVD: Ce film existe en DVD Zone 2. Paramount Pictures/William Castle Enterprises. All rights reserved. Comprend des interviews notamment avec Roman Polanski, ainsi qu'un documentaire sur le tournage du film.

GENESE DU FILM

1967. Les horreurs de la guerre au Vietnam s’accentuent. Le 7 juin l’USS Liberty, navire espion américain s’approche des côtes israéliennes en pleine Guerre des Six Jours. Le Queen Mary effectue son dernier voyage. Les Doors triomphent. Régis Debray est condamné à 30 ans de prison en Bolivie. Décès de René Magritte et du Che Guevarra.

Bob Evans, alors vice-président de Paramount, contacte Roman Polanski pour lui proposer un film sur le ski, Downhill Racer, mais c’est une manière d’attirer le cinéaste vers un autre projet, l’adaptation du livre d’Ira Levin, Rosemary’s Baby, qui allait sortir en kiosque. Polanski accepte le projet. Tout se fait dès lors très vite, le cinéaste adapte le livre en scénario et raconte que: « le roman de Ira Levin était déjà découpé comme un film. (…) un thriller admirablement bien construit (…) [mais] étant agnostique, je ne croyais pas plus à Satan comme incarnation du mal qu’en l’existence d’un dieu personnifié ; tout cela entrait en conflit avec ma vision rationnelle du monde. Pour la crédibilité, je décidai donc de préserver une équivoque : la possibilité que les expériences surnaturelles de Rosemary soient un pur produit de son imagination. » (Roman par Polanksi, Ed Livre de poche, 1985, p.355) Tout le film sera donc vu à travers ses yeux.

Le réalisateur engage son ami, et néanmoins décorateur de talent Dick Sylbert, pour créer l’appartement qui doit être, selon Roman Polanski, la « véritable vedette du film ». « J’ai cru que c’était un soap-opera. C’était la meilleure indication, raconte Dick Sylbert. Et nous nous en sommes servis. Le film commence comme un film de Doris Day. C’était voulu. » (Dick Sylbert, in Interview bonus DVD Le Bébé de Rosemary, Paramount) Pour les interprètes, le cinéaste dessine d’abord les personnages en portraits robots et engage la charismatique Ruth Gordon pour le rôle de la voisine. La toute jeune Mia Farrow pour le rôle de la mère est proposée par Bob Evans. Pour le rôle du mari, Warren Beatty, Peter Beard, Jack Nicholson et Robert Redford sont évoqués, mais ce sera John Cassavetes. Arrive alors le premier jour de tournage du premier film de Roman Polanski tourné à Hollywood. Un rêve de gamin certes, mais le cinéaste avoue ne pas connaître la même fièvre qu’à la veille du tournage de son premier court-métrage (La Bicyclette en 1955). « Rien n’atteindrait jamais à l’intensité affective de cette première fois ; jamais la réalité ne serait à la hauteur du rêve. » (Roman par Polanski, Ed Livre de poche, 1985, p.362)

Pendant le tournage, trois choses ennuient profondément Roman Polanski, tout d’abord John Cassavetes, qui ne déroge pas à sa réputation d’acteur tatillon et à propos duquel Roman Polanski sera très sévère: « ne sachant jouer que lui-même, il [John Cassavetes] était perdu quand on lui demandait de quitter ses espadrilles chéries » (Ibid., p.363) Ensuite, il y a le « problème Sinatra », mari possessif de Mia Farrow, il ne souhaite plus voir sa femme sur ce tournage et menace de faire arrêter la production entière du film. Vient enfin le perfectionnisme même de Roman Polanski ; le retard du tournage se prolonge. Bob Evans, lui, enchanté des rushs, défend bec et ongles Roman Polanski, jusqu’au bout, car il est convaincu que la vision du cinéaste franco-polonais, parce qu’elle est forte et d’une nationalité autre qu’américaine, est la plus intéressante.

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