

PIRATES
(1986) - fiche et genèse
du film -
Synopsis : Les mésaventures
d’un vieux pirate unijambiste et de
son jeune novice. Scénario
: Gérard Brach, Roman Polanski &
John Brownjohn. Production : Carthago Films
Paris & Accent-Cominco Production. Producteur:
Tarak Ben Ammar. Producteurs délégués
: Marc Lombardo & Umberto Sambucco.
Producteur exécutif : Tom Mount. Budget
: 40 millions de dollars. Casting
: Maud Spector, Mary Selway & Dominique
Besnehard.
Interprétation: Walter
Matthau (Captaine Red), Chris Campion (La
Grenouille), Damien Thomas (Don Alfonso),
Richard Pearson (le Padre), Charlotte Lewis
(Dolores), Olu Jacobs (Boumako), Ferdy Maine
(Capitaine Linares), David Kelly (le chirurgien),
Roy Kinnear (le Hollandais), Bill Fraser (le
gouverneur), Jose Santamaria (le maître
d’armes), Anthony Peck (un officier
espagnol), Georges Trillat (le Grelé),
Georges Montillier (le duègne), Emilio
Fernandez (Angelito), Daniel Emilfork (Hendrick),
Bernard Musson (Senor Velasquez), Robert Dorning
(le commandant), Eugenius Priwiziencew (Porte
Bible), Cardew Robinson (l’avocat),
Wladislaw Komar (Jésus), Ian Dury (Pique
Viande), David Foxxe (le cuisinier), Luc Jamati
(Pepito Gonzalez).
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Charlotte Lewis (Dolores)
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Lieux de tournage
: Malte. Seychelles. Studios Carthago d’El Kantaoui
(Tunisie). Technique : 35mm Panavision
2.35:1. Assistant-réalisateur
: Thierry Chabert. Réalisateur 2ème
équipe : Andrzej Kostenko. Chef
opérateur : Witold Sobocinski. Caméra
: Jean Harnois. Chef machiniste :
André Thiery. Décorateur
: Pierre Guffroy. Costumes : Anthony
Powell. Accessoiriste : Daniel Braunschweig.
Régisseur: Patrick Bordier.
Cascadeurs: Richard Graydon &
Zbigniew Modej. Maquillage: Tom Smith
(et Jean-Pierre Eychenne). Coiffure :
Grazia de Rosi. Son : Jean-Pierre
Ruh. Scripte : Sylvette Braudot.
Chorégraphie : Wanda Szczuka.
Combats: William Hobbs. Chef électricien:
Jean-Claude Lebras. Montage : Hervé
de Luze & William Reynolds. Musique
: Philippe Sarde (Orchestre de Paris dirigé
par Bill Byers). Effets spéciaux
: John Evans, Antonio Corridori & Franco Ragusa.
Langue: anglais.
Durée : 2h 05. Distributeurs
: Canon Films (USA). Sortie : 28
février 1986 (USA), 8 mai 1986 (France). Entrées/recettes
: 550 000 spectateurs (France), 1,6 millions de dollars
(USA). Récompenses : César
du meilleur costumier et du meilleur décorateur.
DVD: Ce film existe en DVD (Zone 2) chez
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GENESE DU FILM
1985. L’Afrique du Sud commence à tolérer
le mariage mixte. Le navire de Greenpeace, le «
Rainbow Warrior », est coulé par des
agents français. A Hiroshima, on commémore
les ravages de la bombe nucléaire lâchée
40 ans plus tôt. Une équipe franco-américaine
localise l’épave du Titanic. Première
rencontre entre Reagan et Gorbatchev à Genève.
Décès de Orson Welles.
Au départ, Pirates était un scénario
écrit au début des années 70
par Gérard Brach et Roman Polanski. Ensemble,
ils dévorent tous les livres (L’île
au Trésor…), les illustrations (d’Howard
Pyle notamment) et les films sur les pirates (Capitaine
Blood…). L’Histoire n’est pas non
négligée. « A l’origine
des mercenaires français ou anglais qui, aux
XVI-XVIIème siècles combattaient les
navires espagnols pour le compte de leur roi. On leur
accordait un pourcentage sur le butin capturé.
Très vite, cependant, ils ont très vite
considéré qu’il était beaucoup
plus avantageux de tout garder pour eux. Lorsque Mazarin
signe le traité avec l’Espagne, il n’y
a plus aucune raison de saborder les galions espagnols…
sauf pour les délester de leur cargaison d’or.
C’est à cette époque que se déroule
le film. » (propos de Roman Polanski recueillis
par Olivier Darmon, in Cinématographe, n.119,
mai 1986)
Les dialogues dans Pirates sont volontairement limités
au strict minimum, plus proche de l’univers
BD ou du film muet. Polanski s’explique à
ce sujet lors de la sortie du film: « (…)
depuis mes premiers courts-métrages qui étaient
muets, je suis toujours prêt à sacrifier
un peu les dialogues. Ce n’est pas le plus important
au cinéma. En ce sens, mes films ne sont pas
« français » ! Je veux dire qu’ils
ne sont pas des émissions de radio illustrées
par des diapositives… » (Ibid. p.40)
Le film devait se tourner après Chinatown,
puis Le Locataire, avec Jack Nicholson et Isabelle
Adjani. Sans cesse repoussé par les producteurs
pour raison de budget trop conséquent, Pirates
ne finit pas être monté que dix ans plus
tard, avec Tarak Ben Hamar en Tunisie (mais également
aux Seychelles et à Malte). Walter Matthau
incarne le Capitaine Red. Et si la genèse de
Pirates a des allures de parcours du combattant, le
tournage prend quant à lui des allures d’odyssée.
Roman Polanski s’en rappelle: « Tourner
un film sur l’eau, c’est l’enfer.
J’aurais dû le savoir, depuis Le Couteau
dans l’eau. Une fois de plus j’ai eu droit
à la phrase rituelle: « On n’a
pas vu un temps pareil depuis vingt ans. » Rien
n’a été facile, il fallait tourner
par des vents de force 8 ou 10 et le bateau était
assuré jusqu’aux vents de force 5. Un
cargo dont le capitaine voulait voir un galion de
près, ça ne lui était jamais
arrivé, a heurté et détruit la
proue… On a eu des dizaines d’histoires
comme ça, tous les ingrédients d’un
bon film d’aventures dont nous aurions été
les héros. A chaque instant il fallait décider
vite, trancher… et savoir dans quelle langue
le faire : dans l’équipe il y avait des
Français, des Anglais, des Italiens, des Polonais
et les Tunisiens qui parlaient uniquement arabe, langue
que je ne parle malheureusement pas. C’était
Babel, sauf que nous, nous sommes allés jusqu’au
bout. » (Polanski par Polanski, Ed. Chêne,
1986, p.231)
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