

LA
NEUVIEME PORTE (1999) - fiche
et genèse du film -
Titre original
: The Ninth Gate
Synopsis : La recherche
éperdue à travers plusieurs
pays de livres prétendus diaboliques.
Scénario : John Brownjohn,
Enrique Urbizu & Roman Polanski (adapté
du roman de Arturo Perez-Reverte « The
Club Dumas »). Production
: Araba Films, Via Digital (Espagne). Le Studio
Canal, Bac Films, Orly Films, TF1 Films Productions
(France). Kino Vision, R.P. Productions. Live
Entertainment (USA). Producteurs :
Roman Polanski, Mark Allan, Antonio Cardenal,
Inaki Nunez & Alain Vannier. Producteurs
exécutifs : Michel Cheyko
& Wolfgang Glattes. Producteur
associé : Adam Kempton. Budget
: 38 millions de dollars. Casting
: Howard Feuer.
Interprétation: Johnny
Depp (Dean Corso), Franck Lagella (Boris Balkan),
Emmanuelle Seigner (la fille), Lena Olin (Liana
Telfer), Barbara Jefford (Baronne Kessler),
Jack Taylor (Victor Vargas), Joseph Lopez
Rodero (Pablo & Pedro Ceniza), Tony Amoni
(garde du corps de Liana), James Russo (Bernie),
Willy Holt (Andrew Telfer), Allen Garfield
(Witkin), Catherine Benguigui (concierge),
Maria Ducceshi (secrétaire), Jacques
Collard (Gruber), Emmanuel Booz (Baker).
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Johnny Depp (Dean Corso)

Emmanuelle Seigner (la fille)
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Lieux de tournage
: Châteaux Cathar et Puivert (France), Hôtel
Central de Lisbonne (Portugal), Hôtel Cayre
(Paris, France), Toledo, Castilla la Mancha (Espagne).
Technique : 35mm Technovision. 2.35:1.
Assistant-réalisateur : Michel
Cheyko (assisté par David Campi-Lemaire &
Christophe Gachet). Chef opérateur
: Darious Khondji. Caméra :
Jean Harnois (assisté par Hughes Espinasse,
Cendrine Dedise & André Chemetoff). Steadicam
: Carlos Cabeceran & Riccardo Brunner. Décorateur
: Dean Tavalouris. Direction artistique
: Gérard Viard. Accesssoires
: Philippe Turlure. Costumes : Anthony
Powell. Cascades: Richard Dieux,
Marc Amyot, Michel Bouis, Frédéric Vallet.
Maquillage : Jean-Luc Russier, Liliane
Rametta & Paul le Marinel. Coiffures
: Jean-Pierre Berroyer & Michel Demonteix. Scripte
: Sylvette Baudrot. Montage : Hervé
de Luze. Montage son : Laurent Quaglio.
Musique : Wojciech Kilar. Montage
musique : Suzana Peric. Langue:
anglais.
Durée : 2h 13. Distribution
: Bac Films (France). 20th Century Fox (Allemagne).
Artisan Entertainment (USA). Sortie
: 25 août 1999 (France). 24 décembre
1999 (USA). Entrées/Recettes
: 1,4 millions d’entrées (France). 20
millions de dollars (USA).
DVD: Ce film existe en DVD Zone 2.
Belga Home Video. Artisan/Bac Films. R.P. Productions.
All rights reserved.
GENESE DU FILM
1998. Il devient interdit de fumer dans les bars et
restaurants de Californie. Création en France
d’une commission d’enquête sur le
financement des sectes. Crise de l’armement
en Irak. Scandale sexuel à la maison blanche.
Les leaders Khmer Rouge s’excusent publiquement
du génocide cambodgien. Décès
de Akira Kurosawa.
La Neuvième Porte se base sur un ouvrage écrit
au début des années 90 par l’écrivain
espagnol (et ancien grand reporter) Arturo Perez-Reverte,
intitulé « El Club Dumas » (triomphe
sans précédent dans l’édition
espagnole, devançant même Cervantes).
De là, naissent plusieurs versions de scénarios
autour du recueil et la proposition faite à
Roman Polanski de le réaliser. Une version
pour l’adaptation au cinéma écrite
par Enrique Urbizu intéresse le metteur en
scène, car celle-ci écarte volontairement
les références à Alexandre Dumas
pour ne laisser que la partie dédiée
à l’enquête. Roman Polanski retravaille
ensuite le scénario avec son collègue
(et célèbre traducteur), John Brownjohn,
déjà présent sur les scripts
de Tess (1979), Pirates (1986) et Lunes de Fiel (1992).
Même si à la base, le scénario
est en effet proposé à Polanski comme
une commande, il serait bien rapide et maladroit de
conclure radicalement au « film de commande
impersonnel » (la commande, on le sait, loin
d’être systématiquement ennemie
de l’originalité artistique). Interrogé
au sujet de sa motivation à tourner La Neuvième
Porte, le metteur en scène Polanski déclare:
« Je me souviens d’une conversation
téléphonique avec Stanley Kubrick en
1972 – il pouvait parler des heures au téléphone.
Il se plaignait que ce soit si difficile de trouver
un sujet. A l’époque, je ne comprenais
pas : j’avais dix mille idées qui m’enthousiasmaient.
Mais maintenant, je comprends. Plus vous réalisez
de films, plus vous hésitez à vous lancer
dans cette offensive très longue qu’est
un tournage, il faut un sujet qui vous stimule vraiment.
» (propos de Roman Polanski recueillis
par M-N Tranchant, in Le Figaro, 23/08/99)
Roman Polanski s’entoure du chef opérateur
du film Seven (notamment), Darius Khondji, avec qui
ils décident de n’éclairer souvent
Corso (Johnny Depp) que sur une seule partie du visage,
laissant souvent l’autre dans les ténèbres.
L’hybridité même du style d’images
recherché se renforce également dans
l’utilisation d’une nouvelle formule d’objectif
anglais, le Cooke S4 Series. C’est la première
fois qu’un film tout entier se tourne ainsi
et sera retravaillé dans un laboratoire français
en NEC (Noir En Couleur). Khondji a crée ainsi
une matière lumineuse hybride, double, marquant
d’autant plus les ambiances et changements de
couleurs, le film passant par exemple de lumières
froides tournées au Portugal aux lumières
chaudes d’Espagne.
Sur un tournage, Roman Polanski n’est pas homme
d’ésotérisme mais homme pratique.
« Paco Rabanne m’ennuie prodigieusement,
et toutes les conneries de prédictions, de
voyance, d’astrologie… je suis très
rationnel. Ce qui me passionne, c’est la science,
la technique, et tout ce qu’on peut faire. Sur
un plateau, je me mêle de tout, je peux me mettre
à quatre pattes avec mon accessoiriste pour
régler un détail : j’aime le côté
pratique, matériel, de la production.
» (Ibid) Ainsi, la fabrication purement matérielle
du livre des Neuf Portes que nous voyons dans le film
est le fruit du travail du cinéaste lui-même:
« J’ai traité cet accessoire
comme un personnage à part entière.
Je l’ai déterminé, son format,
sa couleur, et dessiné le pentacle qui orne
sa couverture. (…) Les illustrations diffèrent
légèrement des gravures du roman, afin
qu’on y reconnaisse les traits de certains personnages.
» (propos recueillis par Olivier Eyquem, site
officiel du film Bac Films, 1999)
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