MACBETH (1971) - fiche et genèse du film -

Synopsis : Macbeth tue le roi, règne en tyran et est atteint peu à peu d’hallucinations. Scénario : Kenneth Tynan & Roman Polanski (d’après la pièce de W. Shakespeare). Production : PlayBoy Productions/Caliban Films. Producteur : Andrew Braunsberg. Producteur exécutif : Hugh Hefner (et Victor Lowness). Directeur de production : Timothy Burrill. Budget : 3, 3 millions de dollars. Casting : Miriam Brickman.

Interprétation : Jon Finch (Macbeth), Francesca Annis (Lady Macbeth), Martin Shaw (Banquo), Nicholas Selby (Duncan), John Stride (Ross), Stephan Chase (Malcolm), Paul Shelley (Donalbain), Terence Bayer (Macduff), Diane Fletcher (Laday Macduff), Andrew Laurence (Lennox), Bernard Archad (Angus), Bruce Purchaise (Caithness), Franck Wylie (Menteith), Marc Dightam (Macduff’s son), Vic Abott (Cowdor), Richard Pearson (Doctor).


Francesca Annis (Lady Macbeth)


Le chateau de Macbeth

Technique : 35mm. TODD-AO 35. Couleurs. 2.35. Lieux de tournage : Ffestiniog (Pays de Gale), Bamburgh Castle (Grande Bretagne), Lindisfarne Castle (GB), St Aidan Church (GB) & Shepperton Studios London (GB). Assistant réalisateur : Simon Relph. Réalisateur 2ème équipe : Hercules Bellville. Image : Gilbert Taylor, BSC. Caméra : Alec Mills. Décorateur de production : Wilfrid Shingleton. Direction artistique : Fred Carter. Décor : Bryan Graves. Maquillage : Tom Smith (coiffure : Biddy Chrystal). Costume : Anthony Mendleson. Chorégraphie : Sally Gilpin. Montage : Alastair McIntyre. Effets Spéciaux : Ted Samuels. Musique : The Third Ear Band (Denim Bridges, Paul Buckmaster, Simon House, Paul Minns, Colin Sweeney, Glen Sweeney). Mixage son : Simon Haye. Langue: anglais.

Durée : 2h20. Distributeur : Columbia Pictures. Sortie : 13 octobre 1971 (USA) et en 1972 en France. Récompenses : BAFTA Film Award (GB) des meilleurs costumes (1973) et NBR Award (National Board Review, USA) du meilleur film de l’année (1972).

DVD: Ce film existe en DVD Zone 2. Columbia Pictures/Play Boy Production. All rights reserved.

GENESE DU FILM

1970. Fin du groupe Les Beatles. L’équipage d’Apollo 13 revient sur Terre miraculeusement. Salvadore Allende gagne les élections au Chili. Le divorce est légalisé en Italie. Epidémie de choléra à Istanbul. Mort de Jimi Hendrix et Charles de Gaulle. Sortie de Patton et de MASH.

« Depuis ma jeunesse à Cracovie, j’avais toujours voulu tourner pour le cinéma l’une des pièces de Shakespeare. Je me dis que le moment était peut-être venu. Les principales tragédies avaient déjà fait l’objet d’adaptations admirables à l’écran, seul Macbeth faisait exception. Orson Welles et Kurosawa s’y étaient essayés l’un et l’autre avec plus ou moins de succès – et, selon moi, d’échec. » (Roman par Polanksi, Ed Livre de poche, 1985, p.449) Après avoir tenté en vain de produire le film à Hollywood, Roman Polanski se dirige vers l’Angleterre où Play Boy accepte de financer le film, le premier. Le cinéaste joint à l’aventure son vieil ami, Kenneth Tynan, critique et directeur du National Theatre, et avec qui il co-écrit l’adaptation.

Celui-ci dresse le portrait du cinéaste en ces termes: « (…) il commence souvent une conversation avec une remarque olympienne de ce genre: « Je viens de résoudre le problème des marrées. » Mais il faut toujours que ce soient des connaissances pratiques. Une discussion abstraite l’ennuie. En ce qui concerne le scénario, Roman se montre d’un purisme extrême. Il interdit les directives vagues du style : « l’atmosphère est menaçante », « il semble très préoccupé », dont les scénarios sont truffés. Il insiste pour que nous nous limitions à ce qui peut être vu et entendu. » (Kenneth Tynan, Polanski par Polanski, Ed. Chêne, 1986, p. 128)

Ensemble, ils tombent d’accord pour dépeindre, pour une fois, un couple Macbeth jeune, interprété par l’acteur John Finch (rencontré quelques jours avant le tournage dans un avion) et Francesca Annis (que Polanski voulait déjà dans Répulsion). Polanski fonde une compagnie pour l’occasion, Caliban Films, et trouve les lieux, avec son directeur de production, dans le pays de Galles (plus près de Londres que l’Ecosse). Et ils y construisent rien moins qu’un château de type Renaissance italienne. Au final, 24 semaines de tournage avec, hélas, tout le long, des conditions météorologiques effroyables. « La pluie vous fouettait le visage presque à l’horizontale et pénétrait tout. Le maquillage coulait, les barbes se décollaient, les chevaux étaient pris de panique. Quand la pluie s’interrompait, le brouillard réduisait la visibilité à quelques mètres (…) Par moments, j’avais l’impression de tourner une espèce d’épopée sous-marine. » (Roman par Polanksi, Ed Livre de poche, 1985, p.455)

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