

LUNES
DE FIEL (1992) - fiche et
genèse du film -
Synopsis
: Sur un paquebot un homme raconte à
un inconnu son obsession pour une femme. Scénario
: Gérard Brach, John Brownjohn, Jeff
Gross & Roman Polanski (adapté
du livre de Pascal Bruckner « Luens
de Fiel »). Production
: Les Films Alain Sarde, R.P. Productions,
Le Studio Canal, Columbia Pictures Corporation
(USA) & Burrill Productions. Producteurs
: Roman Polanski & Alain Sarde. Producteur
exécutif : Robert Benmussa.
Casting : Bonnie Timmermann,
Mary Selway & Françoise Menidrey.
Interprétation : Emmanuelle
Seigner (Mimi), Peter Coyote (Oscar), Hugh
Grant (Nigel), Kristin Scott Thomas (Fiona),
Victor Banerjee (Mr. Singh), Sophie Patel
(Amrita), Patrick Albenque (Steward), Stockard
Channing (Beverly), Smilja Mihailovitch (joueuse
de bridge), Leo Eckmann (joueur de bridge),
Luca Vellani (Dado), Daniel Dhubert (contrôleur
bus), Nathalie Galan (femme dans boutique),
Boris Bergman (ami d’Oscar), Olivia
Bruneaux (Cindy), Heavon Grant (Basil).
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P. Coyotte (Oscar)
et E. Seigner (Mimi)
H. Grant (Nigel)
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Lieux de tournage : Paris, France.
Studios Billancourt (Paris, France). Technique
: Panaflex Cameras. 1.85:1. Assistant-réalisateur:
Michel Cheyko et Eric Bartanio (assisté par Emmanuel
Booz, Anne Trinquelle & Patrick Boshart). Chef
opérateur : Tonino Delli Colli. Caméra
: Jean Harnois. Décorateurs
: Willy Holt & Gérard Viard. Accessoires
: Philippe Turlure. Costumes : Jackie
Budin. Maquillage : Didier Lavergne
& Sophie Harvey. Coiffures : Loli
Avellanas & Alain Bernard. Son
: Daniel Brisseau. Montage : Hervé
de Luze. Musique : Vangelis. Montage
son : Laurent Quaglio & Roberto Grazelli.
Mixage son : Bill Rowe. Langues:
anglais
Durée: 2h18. Distribution
: Fine Line Features (USA). Sortie:
23 septembre 1992. 11 mars 1994 (USA). Entrées/Recettes:
760 000 entrées (France). 2 millions de dollars
(USA).
DVD: Ce film existe en DVD Zone 2 Universal/Studio
Canal/Studio Magazine. RP Productions tous droits réservés.
Comprend des interviews et des bandes annonces.
GENESE DU FILM
1991. Le 17 janvier, lancement de l’opération
« Tempête du désert » ; les
« alliés » bombardent l’Irak
et protègent Israël des scud irakiens. En
France, Édith Cresson est la première
femme à devenir premier ministre. En Union Soviétique,
Elstine remplace Gorbatchev. Décès de
Freddy Mercury et Serge Gainsbourg.
Roman Polanski et Alain Sarde cherchaient à
travailler ensemble, le producteur pense alors à
un livre dont il possède les droits, Lunes
de Fiel de Pascal Bruckner. Le réalisateur
le lit et est séduit aussitôt –
il aime d’ailleurs ce livre jusqu’à
sa première page de couverture illustrée
d’un hublot de paquebot dont il reprendra l’image
dans le générique d’ouverture
du film.
Roman Polanski et Gérard Brach, ainsi que
John Brownjohn (pour les dialogues en anglais), adaptent
ensemble le roman, adoucissent l’aspect scatologique,
invente une nouvelle fin, plus romantique, et changent
noms et nationalités des protagonistes. Nous
verrons plus tard pour quelle raison. Le casting,
quant à lui, est essentiellement anglo-saxon,
mais le metteur en scène de faire s’affronter,
comme toujours, acteurs anglais (Hugh Grant et Kristin
Scott Thomas) et américains (Peter Coyotte).
Pour le rôle de Rebecca (qui devient Mimi dans
le film), Roman Polanski engage Emmanuelle Seigner
qui suit un entraînement en danse, en jeu et
en anglais.
Malgré l’élan collectif, le financement
du film est difficile, en particulier à cause
de la guerre du Golfe (retrait des fonds saoudiens
prévus au départ dans le budget du film).
Polanski implique donc sa chemise dans le film. «
C’est la première fois que je produis
vraiment un de mes films. J’ai pris de gros
risques, d’autres ont consenti d’énormes
sacrifices, mais il n’y avait pas le choix.
Le montage financier était à ce prix.
Au yeux de tous aujourd’hui, le public de cinéma,
c’est les enfants, des enfants d’ailleurs
de plus en plus jeunes. Cercle vicieux, car plus il
y a de films destinés aux jeunes, moins les
adultes vont au cinéma. Alors, quand un film
vise surtout le public adulte, on n’imagine
pas les difficultés ! » (propos
de Roman Polanski recueillis par Jean-Louis Mingalon,
in Le Monde, 20 septembre 1992, p.21)
Rejoignent l’équipe, Tonino del Colli
(chef opérateur pour Fellini, Annaud, Leone,
Malle, Pasolini) pour les images et Willy Holt pour
les décors (Holt étant aussi un survivant
des camps de concentration et pour qui Roman Polanski
apparaîtra dans un documentaire intitulé
« Une ombre dans les yeux » de Rafael
Lewandowski). On conçoit à Boulogne
les intérieurs du paquebot avec une plate-forme
pivotante spécialement réalisée
pour donner l’illusion à l’image
des « tangos » maritimes. Hervé
de Luze monte le film et le compositeur grec Vangelis
écrit la musique du film à renfort de
synthétiseur.
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