FRANTIC (1988) - fiche et genèse du film -

Synopsis : Un américain tente désespérément de retrouver à Paris sa femme disparue. Scénario : Roman Polanski & Gérard Brach (ainsi que Robert Towne et Jeff Gross). Production : Mount Prodctions & Warner Bros. Producteurs: Tim Hampton & Thom Mount. Casting: Bonnie Timmerman (USA) et Margot Capelier & Marie-Sylvie Caillierez (France).

Interprétation : Harrison Ford (le Docteur Richard Walker), Betty Buckley (Sondra Walker), Emmanuelle Seigner (Michelle), Gérard Klein (Gaillard), Yves Rénier (l’inspecteur), Djiby Soumare (chauffeur de taxi), Boll Boyer (Dédé Martin), Dominique Virton (agent d’accueil hôtel), Jacques Siron (le manager de l’hôtel), Dominique Pinon (clochard), John Mahonney (responsable ambassade), Yorgo Voyagis (le kidnappeur), David Jaul (le garde du corps). Cascadeurs : Vic Armstrong, Rémy Julienne et Wendy Leech. Langues: anglais/français.


Emmanuelle Seigner (Michelle)


Harrison Ford (Dr Richard Walker)

Lieux de tournage : Paris (France). Technique : Moviecam Camera. 35mm Spherical. 1.66 :1. Assistants-réalisateurs : Michel Cheyko & Michel Ferry. Chorégraphe : Derf La Chapelle. Chef opérateur : Witold Sobocinski. Caméra : Jean Harnois. Steadicam : Marc Koninckx. Scripte: Sylvette Braudot. Décorateur : Pierre Guffroy. Costumes : Anthony Powell. Maquillage: Didier Lavergne (assisté par Sophie Harvey). Coiffures: Jean-Max Guérin. Accessoires : Gérard James. Montage : Sam O’Steen. Musique: Ennio Morricone. Montage musique : Suzana Peric. Monteur son : Laurent Quaglio. Mixage : Jean-Pierre Duh.

Durée : 2h 00. Distribution : Warner Bros. Sortie : 26 février 1988 (USA), 30 mars 1988 (France).

DVD: Ce film existe en DVD Zone 2. Mount Productions/Warner Bros. All rights reserved.

GENESE DU FILM

1987. Vague de privatisations en France. Lundi noir à Wall Street. Début de l’Intifada en Palestine. Le procès Klaus Barbie débute à Lyon. Morts de Andy Warhol, Rita Hayworth, Fred Astaire et Bob Fosse.

« La Warner m’a demandé si, après Pirates, je n’avais pas de projet, car elle souhaitait financer mon prochain film. Je leur ai dit qu je voulais faire un thriller, et ça les a tout de suite intéressés. Ils m’ont demandé si j’avais un thème précis. J’ai dit voilà : « Un Américain vient à Paris, accompagné avec sa femme. Elle disparaît. » On a signé, il n’y avait plus qu’à écrire et, bien sûr, je me suis adressé à Gérard Brach. » (propos de Roman Polanski recueillis par M.Ciment et M.Sineux, in Positif n.327, mai 1988, p.5) Le scénario est influencé aussi par la vague de terrorisme, le cinéaste définissant ainsi Frantic : « (…) film de genre ancré dans la réalité qui nous entoure – ce qui ne veut pas dire qu’on va raconter une histoire de terrorisme – mais on ne peut pas baigner dans cette atmosphère, la peur des bombes, la présence de la police, etc. sans que cela se reflète dans notre travail. » (Polanski par Polanski, Ed. Chêne, 1986, p.231)

Roman Polanski enrôle la star du moment, Harrison Ford, figure héroïque et aventurier du cinéma américain qu’ils transfigure en médecin. Le cinéaste se souvient de la volonté de précision de son acteur: « Il me disait : « Un chirurgien cardiologue, c’est quelqu’un de précis, qui tient les objets d’une certaine manière. » On a fait ensemble des recherches dans cette direction-là. Et j’ai parlé à pas mal de médecins, notamment au docteur Carpentier, l’un des inventeurs du cœur artificiel. » (propos de Roman Polanski recueillis par M.Ciment et M.Sineux, in Positif n.327, mai 1988, p.6)

Pour l’aspect visuel du film, rien non plus n’est laissé dans les mains du hasard avec le cinéaste. Le chef décorateur, Pierre Guffroy explique : « Au départ, le décor de l’hôtel était beige, la moquette du hall, les piliers, tout était beige, comme au Grand Hôtel. Et trois jours avant le tournage, je me suis dit : « Ca n’est pas ça. » J’en ai parlé à Pierre Guffroy, qui a tout de suite compris. Mais le producteur a eu vent de changement, et ça a fait un scandale ! (…) Je ne voulais pas du Paris coloré des films américains. Je le voulais donc plutôt gris, mais avec des accents. Il y a quand même du vert, le vert Chirac ( !), les combinaisons des éboueurs… » (Ibid., p.7)

La responsabilités des costumes est laissée une fois encore à Anthony Powell: « Ce costume qu’il [Harrison Ford] porte pendant la quasi totalité du film, est le plus neutre qu’on puisse imaginer. Il n’agresse ni ne lasse le regard, et permet à Harrison d’évoluer dans des contextes très différents. J’ai retenu la leçon d’Hitchcock dans La Mort aux trousses : Cary Grant portait toujours le même complet, bleu gris, qui « fonctionnait » en toute situation. (…) Au théâtre, vous concevez de simples silhouettes. Le spectateur reste à distance. L’acteur assume un rôle qui n’a parfois aucun rapport avec sa véritable personnalité. Au cinéma, vous travaillez sur le visage, les yeux, les cheveux du comédien. C’est là que se fixera le regard du spectateur, et rien ne doit l’en distraire. » (Positif n.327, mai 1988, p.11)

Pour la musique, Roman Polanski engage non plus Philippe Sarde (un différend encore inconnu à ce jour sépara les deux compères), mais l’Italien Ennio Morricone, probablement un des plus spirituels et inventifs compositeurs de notre temps. Le cinéaste raconte: « Quand il est arrivé, après le tournage, il avait déjà l’idée d’une musique qui serait basée sur une structure électronique et d’une autre, thématique, qui s’inscrirait dans cette trame électronique, que l’on pourrait déplacer et changer quand on voudrait. Et d’ailleurs, une fois le tournage terminé, j’ai changé complètement sa musique, simplement en la déplaçant. » (Ibid., p.8)

Les "Portraits de Cinéastes" de Cadrage - Une collection dirigée par
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