

CHINATOWN
(1974) - fiche et genèse
du film -
Synopsis : L’enquête
d’un détective privé au
cœur d’une affaire hydraulique
en Californie. Scénario
: Robert Towne (& Roman Polanski). Production
: Long Road Productions/Paramount-Penthouse
Presentation. Producteur:
Robert Evans. Directeur de production
: C.O. Erickson. Scénario
: Robert Towne.
Interprétation : Jack
Nicholson (J.J. Gittes), Faye Dunaway (Evelyn
Mulwray), John Huston (Noah Cross), Perry
Lopez (Escobar), John Hillerman (Yelburton),
Darrell Zwerling (Hollis Mulwray), Diane Ladd
(Ida Sessions), Roy Jenson (Mulvihill), Roman
Polanski (l’homme au couteau), Dick
Bakatan (Loach), Joe Mantell (Walsh), Bruce
Glover (Dufly), Nandu Hinds (Sophie), James
O’Reare (l’avocat), James Hong
(le maître d’hôtel d’Evelyn),
Jerry Fujikawa (je jardinier), Belinda Palmer
(Katherine), Ray Roberts (le maire), Charles
Knapp (le croque-mort), Claudio Martinez (un
jeune mexicain), Allan Warnick (employé
du cadastre), Burt Young (Curly), Elisabeth
Harding (femme de Curcly), John Rogers (Mr
Palmer), Cecil Elliot (Emma Dill), George
Justin (le barbier), Doc Erickson (client),
Rance Howard (fermier). Doublure de Jack Nicholson
: Alan Gibbs.
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John Huston (Noah Cross)
& Jack Nicholson (JJ Gittes)
Jack Nicholson (JJ Gittes) &
Faye Dunaway (Evelyn Mulwray)
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Technique: 35mm.
Panavision. Technicolor. 2.35 :1. Lieux de
tournage: Californie, USA (Santa Catalina
Island, Sunland, Los Anegeles, Lake Hollywood, Canyon
Drive, Echo Park, San Pedro, Pasadena). Assistant-réalisateurs
: Howard W. Koch & Michele Ader. Chef
opérateur : John A. Alonso. Caméra
: Hugh K. Gagnier. Maquillage : Hank
Edds & Lee Harmon. Costumes :
Anthea Sylbert. Scripte : May Wale
Brown. Décorateur de production
: Richard Sylbert. Direction artistique
: W. Stewart Campbell. Décorateurs
: Gabe Resh & Robert Resh. Montage
: Sam O’Steen. Musique : Jerry
Goldsmith. Chants : Leo Robin, Lewis
Gensler, Ralph Rainger, Jérôme Kern,
Dorothy Fields, Brian Hooker & Rudoplh Frimi.
Montage son : Robert Cornett. Mixage
: Larry Jost. Effets spéciaux
: Logan Frazee.
Durée : 2h10. Distributeur
: Paramount. Sortie : 17 juin 1974
(USA), 16 décembre 1974 (Espagne). Recettes
(USA) : 12 millions de dollars (USA). Récompenses
: Oscar du meilleur scénario, BAFTA du meilleur
réalisateur, acteur et scénario, Bodil
du meilleur film non-européen, DGA Award du
meilleur réalisateur, Edgar Award du meilleur
film, Golden Globes du meilleur film, réalisateur,
acteur et scénario, NSFC du meilleur acteur,
NYFCC du meilleur acteur, WGA du meilleur scénario.
DVD: Ce film existe en DVD Zone 2.
Paramount Pictures/Long road Productions. All rights
reserved. DVD comprenant une interview inédite
avec Roman Polanski.
GENESE DU FILM
1973. Signature du traité de Paris pour mettre
fin à la guerre du Vietnam. Nixon assume la
responsabilité du Watergate. Élection
du premier maire noir à Los Angeles. Reprise
des essais nucléaires français à
Mururoa. Pinochet renverse Allende. Naissance de Adrien
Brody. Décès de Pablo Picasso et Pablo
Neruda.
Interrogé au sujet du film, Roman Polanski
ne manque pas de resituer, à juste raison,
l’époque à laquelle Chinatown
a été tourné: « j’étais
à la fois dans la queue de comète d’une
histoire du cinéma (…) et dans la voiture
éclaireur d’une autre, celle du cinéma
américain des années 70, plus éclaté,
divisé en studios plus indépendants.
C’est assez bizarre mais je suis sûr que
ce n’est pas innocent. Rien de ce que font les
voyageurs à Hollywood n’est innocent,
et là, dans cette situation d’entre deux
moments, je trouvais mon compte » (propos
recueillis par A.de Baecque et T.Jousse le 14 avril
1992, Les Cahiers du Cinéma, n.455/456, p.54)
Le scénario écrit par Robert Towne
s’inspire de références telles
que le livre de Maura Mayo (« Los Angeles) »
ou encore de Carey McWilliam (« Southern California
Country »). Roman Polanski est enthousiasmé
: « Le récit était dans la
meilleure tradition de Chandler, mais son héros,
le privé J.J Gittes, était loin d’être
une pâle copie, une imitation servile de Philip
Marlowe. Robert Towne, l’auteur, en avait fait
un gagnant, un dandy aux manières froidement
insolentes – une nouvelle figure, un nouvel
archétype de détective privé.
» (Ibid) Le cinéaste omet ici de dire
qu’il en fait, aussi, un homme blessé
par son passé, vulnérable dans les bagarres
et échouant à nous offrir un happy end.
Cette absence mène d’ailleurs à
un désaccord réel entre le cinéaste
et le producteur: « (…) au contraire
de Bob Evans, je ne voyais pas Chinatown comme une
œuvre rétro ni comme un démarquage
des grands classiques en noir et blanc mais comme
un film sur les années 30 vu par l’œil
d’une caméra des années 70.
» (Roman par Polanski, Ed. Livre de poche, 1985,
p.473)
Pour la distribution des rôles, le choix de
Jack Nicholson s’impose (il était impliqué
dans le projet depuis longtemps) et Roman Polanski
exige John Huston pour le rôle du père,
et Faye Dunaway (qu’il connaissait déjà
un peu) que le cinéaste définira ainsi:
« elle possédait ce genre de beauté
spéciale et rétro – que je me
rappelais d’avoir vu ma mère –
qui était primordiale pour le film. »
(Ibid. p.475) Mais l’actrice, dont la réputation
difficile n’est plus à démontrer,
posera de nombreuses difficultés sur le tournage,
refusant de suivre certaines indications et refaisant
son maquillage jusqu’à cinquante fois
par jour. Jack Nicholson, quant à lui, s’entend
très bien avec Roman Polanski, sauf à
quelques rares occasions. « Quand je réglais
un plan, Jack disparaissait pour aller regarder la
télévision : c’est un passionné
de basket. Alors, j’ai explosé. J’ai
un prix un balai avec un manche métallique
et j’ai tapé sur le poste de télévision.
Mais l’écran était protégé
par une feuille de plastique et j’ai eu l’air
ridicule. J’ai balancé le poste à
travers le plateau, sans parvenir à le casser.
C’est Jack qui a failli éclater. Je n’ai
jamais vu quelqu’un devenir aussi rouge. Il
s’est mis à hurler et à arracher
un à un tous ses vêtements. Il est sorti
à poil du plateau. » (Polanski par
Polanski, Ed Chêne, 1986, p. 167)
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