
Texte inédit et
exclusif site roman-polanski.net/
SUR LE TOURNAGE DE OLIVER TWIST
par Alexandre Tylski, ESAV/LARA, Université
Toulouse Le Mirail
Prague, automne 2004. Il semblait naturel que
Roman Polanski tourne finalement un film dans la
ville de Kafka et ce, au-delà d’évidentes
considérations pragmatiques (tourner ici
à Prague est, toutes proportions gardées,
peu onéreux pour des productions européennes
et hollywoodiennes). Prague et ses alentours, c’est
surtout un lieu de l’Europe « à
la Polanski », nourri de campagnes superbes,
et de villes aux ruelles anciennes et étroites,
de vestiges de l’Histoire et d’histoires
de ponts, d’ombres et de lumières,
d’artisanat et de carrefours humains…
C’est par un matin gris et frais, en compagnie
de Francesco
Carrozzini, jeune cinéaste, et de Caroline
Veyssière, assistante et coordonnatrice
pour Roman Polanski, que je vais, depuis l’hôtel
Intercontinental, assis sur les berges de la Vistule,
jusqu’aux collines des Studios
Barrandov. Caroline, qui a travaillé
aussi pour Wim Wenders ou encore Jean-Jacques Annaud,
a une chaleur humaine communicative et cultive,
entre autres, l’entente humaine sur le tournage
d’Oliver Twist, en coordonnant les équipes,
le plan de travail et les données logistiques.
Après quelques minutes de route, un virage
prend forme et nous amène à grimper
un roc, une colline, un îlot fantastique surplombant
la ville. A l’inverse des studios d’Hollywood
en Californie, il me semble bien qu’aucune
pancarte géante ne signale précisément
les Studios de cinéma Barrandov. Nous entrons,
pour ainsi dire, dans un non-lieu, un pays imaginaire,
parallèle, non cartographié. Nous
serpentons dans un labyrinthe de lotissements sans
fin et envisageons un instant de semer derrière
nous quelques petites graines. Mais, aussitôt,
une barrière douanière nous arrête.
C’est effectivement un autre pays qui nous
attend alors, ou que nous attendons, de «
l’autre côté. » Le rideau
en fer enfin levé, le spectacle peut commencer.
Entrer au cœur des Studios Barrandov,
pays imaginaire
Nous arrivons dans un champ de culture ; un champ
semble-t-il « destiné » à
faire émerger de terre des décors
pittoresques et de vastes entrepôts de tournage.
Difficile dès lors de ne pas voir dans cet
endroit haut perché une sorte de domaine
réservoir nourrissant tout le contrebas –
le cinéma comme source vitale et nourricière
de la ville.
Alors que je descends de notre carrosse, et que
je m’apprête à entrer dans un
des hangars, on me montre là, stationnée,
la voiturette de golf de Roman Polanski. Et je comprends
assez vite qu’il me faudra à l’avenir
éviter cet engin. Ici en effet, avant de
traverser les rues des décors du vieux Londres
victorien, prenez soin de bien regarder à
droite et à gauche sous peine de voir un
bolide vous passer sur le corps. « Un jour,
à force de rouler vite, sa petite voiture
fracassa un bout du décor du film. Roman
est un éternel ado », sourira plus
tard Guy
Ferrandis, photographe de plateau.
J’entre et monte un escalier semblable à
celui d’un lycée et débarque
dans la salle des « A.D. » (assistants
réalisateur). Sur les murs, j’observe
des pages photocopiées de story-board (uniquement
réalisées pour les scènes complexes),
ainsi que des reproductions de gravures d’époque
(de Gustave
Doré en particulier), des portraits photographiés
d’interprètes du film, des listes interminables
de numéros de téléphone. Plus
de deux cent personnes travaillent au quotidien
pour le film. Certains jours, beaucoup plus.
Première visite des décors en intérieur.
Une porte lourde et blindée s’ouvre
devant moi et laisse surgir, dans un souffle et
dans un parfum chaud de menuiserie, l’intérieur
gigantesque d’un studio rempli de plusieurs
décors du film: ici, une vieille maison,
là, une imitation monumentale et grandeur
nature d’un fragment du London Bridge, ou,
par ici encore, une prison reconstituée.
Des accessoires y traînent. Les verres sur
la vieille table de la cellule sont lourds et une
vraie bible jaunie traîne à côté.
Curieux sentiment d’être en réalité
ici, dans la véracité la plus concrète…
Dans le studio intérieur voisin, une vieille
baraque, celle où survit Oliver Twist. J’y
pénètre silencieusement ; un plan
va être tourné. Un sentiment d’intimité
me saisit, celui-là même tant recherché
pour ce film, et celui-là même que
nourrit le style même des films de Roman Polanski.
Bref, un monde d’illusions et de marionnettistes
réel et familier. Dans ce studio, pourtant,
les vieilles choses et les faux toits abîmés
se conjuguent, au présent, avec la technologie
de pointe. Des projecteurs éléphantesques,
une caméra 35mm aussi coûteuse qu’une
maison de campagne, des câbles et des cordages
au-dessus de décors semblables à des
maisons de poupées, des écrans vidéos,
des machines. Des appareillages de grande conquête.
L’organisation d’une galère
en marche
Salutations avec le maître des lieux, Roman
Polanski. 71 ans et l’énergie d’un
gosse déluré. Sportif depuis toujours,
cycliste acharné, et, fait moins connu, partenaire
d’entraînement de Bruce Lee et montagnard
assidu. Il gravit les cimes de l’Himalaya
à la fin des années 70. Autant dire
que ce « Little Big Man » invincible
au regard malicieux ne manquera pas l’occasion
de vous traiter gentiment de « touriste »,
vous qui êtes venu sur le tournage habillé
en costume de ville, simple témoin d’une
grande galère en action. Car, cela va sans
dire, il s’agit, en ces lieux de boue et de
sciure de bois, et de travailler dur, très
dur ; l’équipe du film dépassant
souvent, et de loin, les horaires habituels de tournages
français. Et Roman Polanski d’exécuter
presque quotidiennement les trois « huit »
pendant près de cinq mois consécutifs
– le tournage d’Oliver Twist débuta
en juillet 2004 et s’acheva en novembre 2004.
Le cinéaste, fidèle à lui-même,
tourne souvent jusqu’à tard le soir.
Mais les soirées sont souvent aussi consacrées
au visionnage des rushs. Un laboratoire de développement
et des salles de montage se trouvent sur place,
aux studios Barrandov mêmes. Ainsi, chaque
prise retenue pendant le tournage est envoyée
aussitôt au laboratoire, puis découverte
en salle de visionnage. Ensuite, c’est au
monteur Hervé de Luze, à deux pas
de là, d’assembler les images au fur
et à mesure, et dans le désordre –
les scènes sont, comme souvent, tournées
non dans l’ordre du scénario mais selon
les aléas logistiques du tournage.
Roman Polanski dirige ses interprètes comme
il dirige ses techniciens, parmi les meilleurs au
monde. Avec une poigne réelle. Il n’est
pas rare même de voir le cinéaste hurler
après son équipe pendant plus d’une
heure et sans discontinuer. Et finir en leur donnant
une tape amicale dans le dos. Le tournage de Oliver
Twist aura été ainsi un des plus beaux
mais aussi un des plus éprouvants pour plusieurs
membres de l’équipe cosmopolite du
film (français, polonais, allemands, tchèques…)
dont Sylvette
Baudrot. Celle-ci doit en effet souvent faire
face sur ce tournage, bottes boueuses aux pieds,
aux passages systématiques d’une scène
à l’autre, d’un plan à
l’autre, plusieurs fois dans la même
journée. Polanski l’appelle régulièrement
sur le tournage « meilleure scripte du monde
». Elle garde l’œil sur tout, note
inlassablement le volume de pellicule utilisée,
les prises sélectionnées pour le développement
en laboratoire, etc.
Et celui qui doit réorganiser ce vaste patchwork
d’images, c’est Hervé
de Luze, monteur attitré de Roman Polanski.
Il me fait découvrir quelques scènes
et images du film. Sur son bureau, un ordinateur,
deux écrans, rien de plus ou presque. Je
ressens une volonté nette de recul, de vision
d’ensemble et d’organisation dans sa
salle de travail. Sur les moniteurs, la qualité
plastique du film est saisissante. Certaines scènes
de campagne d’Oliver Twist sont pour moi une
continuation romantique (polonaise ?) directe des
images tableaux de Tess ou de Quand les anges tombent
(1959), un des premiers courts du cinéaste.
L’aspect sombre de la plupart des images,
quant à elle, trahit une des intentions premières
du réalisateur Polanski ; faire un film «
grand public » pour enfants mais en cultivant
foncièrement la noirceur du roman original
de Dickens. « Le chef opérateur a pris
beaucoup de risques », admet De Luze. Pawel
Edelman n’utilise en effet pas toujours
d’éclairage sur le tournage et ce,
malgré la très faible lumière
diurne de Prague. Les intérieurs et les décors
extérieurs me rappellent, eux, indéniablement,
la magie dégagée par Le Bal des Vampires
ou Pirates. Et difficile de ne pas penser aussi
aux scènes de vertige tournées par
Polanski dans Le Locataire, Frantic ou Le Pianiste
en regardant certains passages d’Oliver Twist.
C’est la griffe.
Visite des décors extérieurs
avec Allan Starski
Le chef décorateur d’Oliver Twist
est Allan
Starski, déjà « auteur »,
au sens même du terme, des décors oscarisés
et césarisés de La Liste de Schindler
(1993) de Steven Spielberg ou encore du Pianiste
de Roman Polanski. Je salue Starski alors qu’il
vérifie la bonne texture de certains décors.
Il m’emmène aussitôt pour une
visite guidée des décors. Nous sortons
des hangars et traversons en petite voiture un vague
terrain argileux. Quelques instants plus tard, comme
sortie d’un rêve, une ville toute entière
se dresse devant nous. C’est le Londres du
XIXème siècle.
Les décors devant moi sont d’un réalisme
poignant, même les toits ont été
construits (ce qui n’est pas toujours le cas
pour des décors). Ces immeubles solides visiblement
faits de ciment sont au toucher du bon bois peint.
Et, comme par enchantement, ils redeviennent ciment
lorsqu’on les contemple. Un peu en contrebas,
Allan Starski me dévoile un petit village
reconstitué avec ses maisonnettes, ses fausses
ruelles sales et sa petite église. A côté
de celle-ci, un cimetière, lui aussi créé
de toute pièce, attire l’œil.
De vieilles stèles y trônent. Des stèles
si véridiques qu’il vous faut, là
aussi, les toucher du doigt pour qu’elles
se changent aussitôt en vulgaire polystyrène.
Pourtant, si la matière fait illusion ici,
et si tout ce domaine ressemble à un immense
jardin d’enfants, il s’agit d’un
vrai village, d’une vraie ville et de vraies
constructions. Et d’un vrai travail de recherche
historique, et cinématographique. Plusieurs
mois de préparation et plus d’une année
de construction et une centaine d’ouvriers
ont été nécessaires pour arriver
à ce résultat.
Et la volonté d’Allan Starski n’est
pas seulement de « faire vrai » ici,
mais de créer de grands décors intimistes,
stimulant l’atmosphère avant tout intime
du film. Je retrouve ainsi, ça et là,
le parfum des décors de deux films importants
dans l’encyclopédie personnelle de
Roman Polanski, Huit Heures de Sursis (1947) et
Oliver! (1968), deux films de Carol Reed. Il a fallu
à Starski entrer dans la tête de Roman
Polanski pour réaliser ce que le cinéaste
souhaitait vraiment voir. « Roman est très
exigeant » sourit Starski et, avec l’envie
d’ajouter: « Et il m’épuise
! ».
Je comprends que la barre a été placée
haut, en particulier en découvrant le décor
de « Jacob’s Island », repaire
obscur des laissés pour compte de la société
londonienne dans le roman de Dickens. Il s’agit
d’un décor en plein air, très
haut et étroit laissant peu passer la lumière.
Une fausse rivière sombre serpente en son
centre et de fausses barques crevées flottent
à la surface. Plusieurs fenêtres entourées
de bois verdâtre et éparpillées
sur plusieurs étages surplombent étroitement
les quais sales couverts de tonneaux vétustes
et de vieux cordages jaunis. Cette miraculeuse cour
des miracles représente une partie non négligeable
du budget du film (celui-ci s’élevant
aux environs de 50 millions d’euros) mais
transcende l’imaginaire.
Jouer dans le film avec Mr Bumble et Mr
Sowerberry
Ma régression en terres magiques touche
à son paroxysme lorsque Roman Polanski, avant
de débuter une scène extérieure,
se demande où sont passés les figurants.
Or rien n’a été prévu
en ce sens. Voilà donc qu’en quelques
minutes, ma silhouette de citadin se retrouve dans
la salle des costumes. J’enfile à toute
vitesse un pantalon d’époque, des chaussettes,
une chemise et une veste verte. Un chapeau vert
de gentilhomme sur la tête. Les assistantes
costumière prennent bien soin de ne pas m’habiller
en bourgeois trop élégant car la scène
du film qui s’apprête à être
tournée ne se déroule pas à
Londres, mais dans une petite ville de province.
Celle-là même où naît
Oliver (et Dickens, car si le nom de cette petite
ville n’est volontairement pas mentionnée
dans le roman, l’auteur fait le portrait évident
de Chatham, sa ville natale). Il s’agit donc
d’être bien « raccord. »
Le raccord se poursuit d’ailleurs dans une
caravane dont l’intérieur est conçu
pour accueillir et maquiller les interprètes
du film. Là, on me colle sans ménagement,
mais avec un art certain, des favoris bruns le long
des joues. On me renvoie aussitôt sur le lieu
de la scène. Roman Polanski jauge alors du
regard ses quatre figurants, dont David
Bush, à la prestance victorienne, et
néanmoins responsable des effets spéciaux
sur le film. L’instant est significatif sur
la façon de procéder de Roman Polanski.
En quelques secondes, il tâtonne, pense et
ordonne une chorégraphie de quatre passants
dans la rue, réglée comme du papier
à musique. Chacun d’entre nous avons
désormais notre propre rythme de marche et
une fonction particulière. Il nous faut nous
croiser à des moments très précis
en jaugeant l’axe de la caméra et le
mouvement des deux interprètes principaux
– il ne faut notamment surtout pas passer
devant l’objectif lorsque les acteurs commencent
à parler.
Cette scène, c’est la fameuse discussion
entre Mr Bumble (Jeremy
Swift) et Mr Sowerberry (Michael
Heath) au sujet d’un petit garçon
« à vendre. » Polanski la tourne
devant les grilles du Workshop où survit
Oliver (le terme « Workshop » étant
le terme courant à l’époque
pour désigner un asile de travail pour démunis).
Il imagine sur place la mise en scène avec
son célèbre « view finder »
(œillet permettant de voir la scène
selon différentes focales). Polanski développe
et enrichit largement la dynamique et l’importance
cruelles de cette scène contrairement à
la version très brève de la scène
dans la version cinématographique de David
Lean. Ici, les deux interprètes ont le temps
de s’en donner « à cœur
joie » pour ainsi dire. Polanski les dirige
avec une minutie quasi obsessionnelle. Et il prend
tout le temps qu’il faut pour tourner cette
même scène en gros plan, puis en plan
rapproché, puis en plan d’ensemble.
Le temps qu’il n’avait pas au début
de sa carrière, Roman Polanski le prend clairement,
désormais.
Intentions d’un cinéaste
Pour cette adaptation moderne, Roman Polanski n’a
pas cherché à placer l’histoire
à notre époque ou à grands
renforts d’effets à la mode, mais,
a contrario, a voulu rester particulièrement
fidèle au roman de Charles
Dickens. Polanski déclare d’ailleurs
à la presse à la fin du tournage:
« Le plus dur a été de condenser
le livre en film, il aurait été impossible
de filmer tout le livre, donc nous nous sommes concentrés
sur l’intrigue principale et nous avons éliminé
les intrigues secondaires. Mais nous n’avons
pas touché à l’histoire principale
». C’est Ronald Harwood qui, après
sa contribution sur le scénario du Pianiste,
a travaillé sur ce scénario.
Et comme pour Le Pianiste, le financement d’Oliver
Twist est européen, et indépendant
d’Hollywood, bien qu’étant une
superproduction. « Cela rend le travail un
peu plus dur car vous n’avez pas la largesse
financière des studios derrière vous
mais vous ne recevez pas non plus d’appels
en pleine nuit des directeurs de studios »,
affirme Roman Polanski.
Et nous croyons sans mal le cinéaste lorsqu’il
avoue que Oliver Twist est pour lui l’un des
films les plus intéressants, « si ce
n’est le plus intéressant »,
qu’il ait tourné. « Je voulais
faire un film pour enfants et j’avais toujours
adoré l’histoire d’Oliver Twist.
La dernière version, une comédie musicale
que j’adore, a été faite en
1968 (Oliver! de Carol Reed), cela fait plus d’une
génération. C’est pourquoi j’ai
décidé de faire une nouvelle version.
» Mais c’est aussi, dira-t-il, sous
l’impulsion de son épouse Emmanuelle
Seigner qu’il se décida à réaliser
cette nouvelle vision du roman de Dickens. Une version
dédiée à ses deux enfants,
Morgane et Elvis.
Je ne dirais pas que Roman Polanski est un cinéaste
« à la Charles Dickens » ni même
que Charles Dickens est un écrivain «
à la Roman Polanski », mais la «
rencontre » des deux artistes a quelque chose
de profondément troublant. Tous deux ont
goûté au déchirement d’une
enfance difficile séparée de leurs
parents et tous deux ont goûté à
un succès mondial peut-être parce qu’ils
retranscrivent comme peu leur vécu dans leurs
œuvres. Autant de résiliences réussies
que d’œuvres circulant entre tragédie
et burlesque, dureté et ironie. Entre les
battements du cœur.
Alexandre Tylski est directeur de la revue Cadrage,
chercheur au LARA (UTM), auteur d'un livre sur Roman
Polanski (Ed. Aléas) et créateur du
site éducatif Roman Polanski.
Rermerciements: Roman Polanski, Isabelle Dassonville,
Caroline Veyssière, Francesco Carrozzini,
Sylvette Baudrot, Hervé de Luze, Allan Starski,
Guy Ferrandis.
Dossiers pédagogiques sur le film:
EN FRANCAIS: http://www.olivertwist-lefilm.com/enseignants/index.htm
EN ANGLAIS: http://www.youthmedia.com/pdf/Oliver.pdf
Articles de presse sur le film:
BENAMON (Sophie), « Polanski sur un
plateau », in Studio n.206, Nov.
2004
B (Benjamin), « A Boy’s Will
», in American Cinematographer, vol.
86, n.9, pp.30-41
SCOTT (A.O.), « Dickensian deprivations
delivered from the gut », in New
York Times, sept. 23 2005
TYLSKI (Alexandre), « Roman Polanski,
un cinéma d’enfants perdus »,
in Positif, Oct. 2005