Le Pianiste, R.Polanski (2002)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 






ROMAN POLANSKI ET LA SHOAH:
PISTES ET RESSOURCES PEDAGOGIQUES

Dossier inédit réalisé par Alexandre Tylski, Université Toulouse Le Mirail

Plutôt qu’une analyse monographique et monolithique, nous vous proposons ici quelques pistes et ressources pédagogiques (non exhaustives) destinées à faire réagir et réfléchir les jeunes générations face aux films de Roman Polanski et à l’histoire de la Shoah et ce, après les commémorations indispensables du 60ème anniversaire de la libération des camps d’extermination nazis, et à l’heure de la sortie de « Oliver Twist » nouveau film de Roman Polanski. Le cinéaste aura connu la cruauté du ghetto de Cracovie en Pologne et, contrairement à sa famille, aura échappé, de très peu, à l’horreur des usines de mort. Autant de questionnements possibles autour de l’impact de la Shoah sur l’œuvre artistique d’un homme, dont le film « Le Pianiste » reste une des plus significatives contributions.

Importance d’une méthodologie

Tout d’abord, il convient de bien faire mesurer, en particulier aux plus jeunes, toute la délicate complexité dont relève un tel sujet d’étude: Roman Polanski et la Shoah, et, en ce sens, de cultiver d’emblée, une volonté impérieuse, individuelle et collective, de sobriété et de précaution. « Sobriété » dans l’approche (tout lyrisme étant ici déplacé) et « précaution » dans les informations apportées – l’exactitude des dates et des faits étant toujours cruciale, mais peut-être plus particulièrement encore au sujet de Roman Polanski et de la Shoah.

Pourquoi relier la Shoah à Roman Polanski et en faire une étude éducative ?

Roman Polanski n’a pas fait l’expérience, ineffable, des usines d’épuration ethnique créées par les nazis, mais en a subi lourdement et personnellement les conséquences. Il reste un des survivants contemporains parmi les plus actifs de cet abîme de l’Histoire. Né à Paris en 1933 et aujourd’hui cinéaste européen majeur, Roman Polanski vécut en Pologne pendant la Shoah et, dès l’âge de six ans, connut les violences quotidiennes du ghetto de Cracovie, dont il évoquera indirectement la dureté soixante ans plus tard dans son film Le Pianiste (2002). Il échappa de peu aux camps de gazage nazis et ce, contrairement à sa mère, dont la perte le brisa à jamais. Sa demi sœur, quant à elle, survécut au camp d’Auschwitz Birkenau et son père au camp de Mauthausen.

Dès lors, doit se poser en classe la question des cicatrices de la Shoah sur l’œuvre cinématographique de Roman Polanski mais aussi la légitimité même d’un tel questionnement et d’une étude.

Comme l’a écrit un jour un journaliste à propos de l’enfance du cinéaste: « Convient-il d’évoquer cette enfance tragique pour comprendre le cinéaste ? Notons que Polanski, quant à lui, se refuse à cette référence: il déteste qu’on s’apitoie. » (1) Une démarche racoleuse et larmoyante visant à tout expliquer d’un artiste par son seul parcours personnel ne relèverait-il pas d’une vaste mégarde intellectuelle et d’un grand manque de respect ?

Un des écrivains polonais déterminants pour Roman Polanski, Witold Gombrowicz, n’écrivait-il pas à juste raison: « Je ne réclame pas qu’on interprète naïvement l’œuvre par la biographie du créateur et qu’on relie son art aux aventures de sa vie (…) » ? (2) Et Roman Polanski de conclure son autobiographie par ses mots: « Par quoi ai-je été poussé à saisir à bras le corps mon monde imaginaire pour en en faire un vrai ? Est-ce une pulsion sexuelle qui fut je ne sais comment à la racine de tout ça ? Est-ce parce que je n’aurais jamais rencontré toutes les femmes dont je rêvais si j’étais demeuré ce rejeton trop petit du ghetto de Cracovie ou ce jeune paysan de Wysoka ? Non, je ne croyais pas. Je ne le crois pas encore aujourd’hui. J’ai plutôt le sentiment que mes escapades, mon déchaînement et ma force ont jailli de l’intuition émerveillée de ce que la vie à offrir. » (3)

Pourtant, si le cinéaste refuse souvent d’établir des jonctions directes entre sa carrière créatrice et ses mésaventures douloureuses, il serait peut-être dangereux de ne pas faire état de la vie de l’homme derrière l’art et l’artiste. Gombrowicz nous avertissait des dérives potentielles de cette approche, mais il n’était pas moins un vif pourfendeur du « caractère pseudo scientifique de la critique (…) Quel préjudice ont causé les universités en tentant de prouver qu’on pouvait aborder l’art de façon scientifique ! Quelle méthode désastreuse que celle qui consiste à ne s’intéresser qu’à l’œuvre en faisant abstraction de la personne de l’auteur – abstraction qui en entraîne d’autres : on finit de séparer l’œuvre de l’écrivain en la considérant comme un « objet » indépendant, en la considérant « objectivement », en transportant tout sur le terrain pseudo mathématique d’une esthétique ou d’une sociologie erronées et bancales, en ouvrant les portes tout grand à la pédanterie, aux analyses bavardes, à une désinvolture parée d’une apparence de majestueuse précision scientifique. » (4)

Une approche pédagogique autour de Roman Polanski et de la Shoah devrait probablement ne pas séparer parcours personnel et parcours artistique, vie d’enfance et vie d’adulte, passé et présent, et peut-être même aussi présent et à venir.

Notes: (1) Pierre Billard, in Le Point, 29 octobre 1979, p.131. (2) Witold Gombrowicz, in Journal 1957-1960, Ed. Denoël, 1976, p.177. (3) Roman par Polanski, Ed. Livre de poche 1985, p. 605. (4) Witold Gombrowicz, in Journal 1957-1960, Ed. Denoël, 1976, p.176-177.

Genèse du film: Le Pianiste

C’est en lisant le témoignage du pianiste et compositeur Wladyslaw Szpilman, survivant du ghetto de Varsovie, que le cinéaste sait qu’il veut en faire un film et ce, sans avoir à affronter directement son expérience du ghetto de Cracovie. Le Pianiste est ainsi le premier film de Roman Polanski tourné en Pologne depuis quarante ans (depuis Le Couteau dans l’eau en 1962 donc). Un âpre retour aux origines donc, à travers le refus, éthique, de toute sensiblerie facile. La sobriété de la mise en scène proposée par Roman Polanski, et qui fut d’ailleurs taxée par certains d’académique, n’en signe pas moins un condensé intime, voire une libération, des thématiques obsessionnelles du cinéaste, en particulier ici la disparition. Le Pianiste symbolise en ce sens une sorte d’apothéose troublante, le cinéaste allant jusqu’à déclarer: « Avec ce film, Le Pianiste, j’ai un peu l’impression que tout ce que je faisais avant était une espèce de répétition pour faire ce film. » Mais Le Pianiste représente aussi, et peut-être même surtout, un témoignage audiovisuel dur et nécessaire sur l’antisémitisme et la guerre, hélas toujours de (main) mise.

Roman Polanski avait connu Varsovie sous les bombes alors qu’il avait six ans, puis était reparti avec sa famille à Cracovie ; il ne connut pas le ghetto de Varsovie. Le cinéaste ne souhaitait pas parler de quelque chose de trop proche de lui en Pologne (refusant ainsi de tourner La Liste de Schindler qui se déroulait à Cracovie), mais d’une époque, elle, bien connue de lui. Ses souvenirs, il le pense, il le sait, peuvent, servir la véracité des faits dans ses moindres frémissements (un geste d’officier nazi, un soleil radieux là où l’on ne l’attendrait pas, etc.).

Le cinéaste est interpellé par la richesse de détails et le refus de sentimentalisme de Szpilman, achète les droits du livre, engage décorateur, costumière et chef opérateur pour repérages et préparation. Le film se tournera dans les rues mêmes de Varsovie mais également à Babelsberg en Allemagne où l’équipe trouve une ancienne caserne soviétique en passe d’être démolie. Polanski dynamitera les immeubles. Ce seront les « vraies » fausses ruines de Varsovie. Comme souvent avec le réalisateur, les lieux déterminent le scénario, ce n’est ainsi qu’après les repérages que Polanski engage l’écriture proprement dite du script en collaboration avec Ronald Harwood – ce dernier est notamment l’auteur d’une pièce intitulée « Taking Sides » retraçant le vrai parcours d’un chef d’orchestre allemand anti-nazi sous le Troisième Reich. Ensemble, Polanski et Harwood travaillent sur la manière de traduire en images et en sons les descriptions du livre, descriptions jamais dramatisées et souvent sans dialogue. Et, ensemble, ils refusent de faire un film « trop » pédagogique (pas de voix off explicative) ou « trop » racoleur (sentimentalisme outrancier, effets dramatiques spectaculaires, etc.). Mais écrit et tourné en anglais, hélas, car il est estimé que le film ne pourrait, sans cela, être financé convenablement et se « transmettre » dans le monde entier.

Ensemble, enfin, ils regardent des milliers de photographies et de films d’époque trouvés notamment dans les archives de la WFDIF à Varsovie. Parfois les larmes aux yeux devant les atrocités filmées ou photographiées, les deux hommes avoueront aussi avoir travaillé autant que possible dans un rire de défense vitale: « L’humour est un élément vital quand on veut survivre. Les blagues juives ont toutes un arrière-plan tragique. En travaillant sur le texte, Roman et moi avons beaucoup blagué. C’était la seule façon d’aller jusqu’au bout des choses, de tenir. » (1). La relation de Roman Polanski avec son acteur, Adrien Brody, se passe de la même manière.

Si le tournage du Pianiste connaît quelques problèmes de logistiques inhérents à l’ampleur du projet, Polanski avouera, à la surprise de beaucoup, ne pas avoir souffert sur le tournage de la pression personnelle et historique exercée par le film. L’équipe de tournage connaîtra même de vrais grands moments. « Certains [polonais] me reconnaissaient et venaient m’embrasser sur la bouche en signe d’amitié. Les figurants, parfois au nombre de 1200, m’ont stupéfié. Ils se levaient à l’aube, attendaient des heures tranquilles et habillés avec leurs costumes d’époque. Ils étaient encore là à 19 heures avec le même enthousiasme et l’envie de participer, avec leurs tripes, à cette page tragique de leur histoire. » (2)

Notes: (1) propos de Ronald Harwood recueillis par Yves Alion, L’Avant-Scène Cinéma, n. 520. (2) Roman Polanski,in Master Class, Studio/Fnac Etoile, 11 septembre 2002.

Quelques pistes pédagogiques

A propos de Roman Polanski

- Faire réagir une classe, par écrit ou à l’oral, à l’utilisation des sons et de la musique dans Le Pianiste. Pourquoi le cinéaste a-t-il choisi tels types de musiques et de sons ? et pourquoi les utilise-t-il à tel ou tel instant d’une scène ?
- Faire consulter, étudier ou créer collectivement en classe un film documentaire ou une émission radiophonique comprenant des témoignages de spécialistes, des réactions de jeunes et de moins jeunes spectateurs autour du film Le Pianiste ou encore : faire créer par les élèves un site Internet autour du film (se référer en ce sens au livre pédagogique écrit par Dominique Natanson intitulé « J’enseigne avec l’Internet la Shoah et les crimes nazis », aux éditions CRDP Bretagne, 2002)
- Faire réagir en classe oralement ou par écrit, individuellement ou par travail de groupe, autour d’une revue de presse dédiée au film Le Pianiste. Comment réagir et réfléchir sur les réactions opposées de la presse face au film ? Eventuellement, faire comparer les articles de la presse française avec les articles de la presse polonaise et / ou anglo-saxonne. Ces textes et leurs comparaisons, et selon les pays, apportent-ils ou non de nouvelles lumières sur le film de Roman Polanski ?

A propos de la Shoah

- Faire rédiger aux élèves un glossaire autour de mots et de notions en lien avec la Shoah. Exercice individuel, par groupe ou collectif. Puis débat autour des choix et des définitions de mots et de chiffres utilisés.
- Faire consulter, étudier ou créer collectivement en classe un film documentaire ou une émission radiophonique comprenant des témoignages de survivants et de spécialistes, des réactions de jeunes et de moins jeunes citoyens ou encore : un site Internet autour de la Shoah (se référer au livre pédagogique écrit par Dominique Natanson intitulé « J’enseigne avec l’Internet la Shoah et les crimes nazis », aux éditions CRDP Bretagne, 2002)
- Faire réagir en classe, oralement ou par écrit, individuellement ou par travail de groupe, autour du point de vue de Jean-François Forges : « (…) je ne peux imaginer l’histoire de la Shoah réduite à une fiche à apprendre par cœur dans un tel guide pour la préparation du bac. Je ne peux pas imaginer l’histoire de la Shoah scolarisée selon les critères du bac et sur laquelle on poserait le type de questions qu’on donne au bac. Je ne vois pas comment évaluer scolairement le degré de pénétration dans la conscience de la tragédie de la Shoah. Bien des élèves ne font de l’histoire que parce que c’est une matière obligatoire au bac : étudier la Shoah « pour passer le bac » me paraît un projet insupportable. » (Jean-François Forges, in Eduquer après Auschwitz, ESF Editeur, Paris, 2004, p.242)

Quelques propos de Roman Polanski

« Pour moi, la plus grande souffrance, c’était la séparation d’avec mes parents. (…) Je revis beaucoup de ces sensations maintenant ayant un enfant. Je pense à ce moment beaucoup plus que je n’ai jamais pensé avant. »
(in Une Ombre dans les Yeux, de Rafaël Lewandowski, 1999)

« La torture m’a toujours répugné. J’ai grandi sous l’occupation allemande, c’était quelque chose dont on parlait beaucoup. Le fait que les tortionnaires étaient souvent de bons pères de famille, des personnes cultivées qui, jusque-là, avaient mené une vie ordinaire, signifie-t-il que nous sommes tous capables d’une telle barbarie ? »
(propos recueillis par Aurélien Ferenczi, Info Matin, 29/03/1995).

« (…) on vit une époque de dictatures déchues. Il y a bien des coins dans le monde où les anciennes victimes côtoient leurs anciens tortionnaires. Et ce sont des moments difficiles pour une société qui a décidé de ne pas poursuivre ces gens-là. Même dans de tels cas, la réconciliation est le seul moyen de survivre pour une société. » (propos recueillis par Emmanuelle Frois, Le Figaro, 29/03/1995).

« Vous, les journalistes, vous me posez des questions de journaliste, souvent très intelligentes auxquelles vous inventez des réponses instantanées et brillantes. Moi, je ne peux que vous répondre « Je suis comme ça », car je ne me livre jamais à l’introspection qui supposerait une réplique disons psychanalytiquement intéressante car, dans le fond, tout est beaucoup simple que vous le supposez. Par exemple, j’aime le luxe et la belle vie, parce que je les aime et non parce que je compense la rigueur stalinienne sous laquelle j’ai vécu en Pologne, ni parce que je veux oublier le temps du ghetto et de l’hitlérisme. »
(Roman Polanski, in Le Figaro, 31/101979)

« On me pose toujours les mêmes questions sur mon pessimisme, mais encore une fois je crois qu’il faut seulement parler de réalisme, il n’y a pas tellement de raisons de croire que l’homme est bon. Nous sommes toujours en train de nous gargariser de la bonté humaine, mais regardez un peu autour de vous. Pensez au nombre de gens tout simplement tués dans notre siècle. Par millions. Je ne sais pas si dans toute l’histoire de notre espèce il y a eu autant de gens tués que dans ce siècle. »
(Polanski par Polanski, Ed. Chêne, 1986, p.176)

« La violence, c’est mon box de Skinner – allusion à la boîte vitrée et aseptisée qui servait de berceau à la fille du sociologue américain – petit à petit, cependant, la haine et le racisme dont se sont rendues coupables, par contre coup, les victimes du nazisme, se sont apaisés, effacés, j’ai appris à dominer mes instincts, à cultiver mon indignation, à rationaliser mes impulsions, à me considérer comme un citoyen du monde de demain. »
(propos recueillis par Claude Sarraute, in Le Monde, 25 mai 1972, p.29)

Glossaire autour de la Shoah

ANTISEMITISME: haine envers le peuple Juif. (voir définition plus développée dans le livre Si c'est un homme de Primo Levi, pages 300 à 312).

CAMPS DE LA MORT: usines de morts (ou « centres de mise à mort », ainsi nommés par l’Historien Américain Raul Hilberg) construites par les nazis pour exterminer l’ensemble du peuple Juif, ainsi que Tziganes, homosexuels, résistants politiques, etc. Parmi les premiers camps, Auschwitz-Birkenau, Chelmno, Treblinka, Sobibor, Majdanek, Belzec.

CHAMBRE A GAZ: invention nazie destinée à tuer des hommes, des femmes et des enfants avec des gaz toxiques. Les chambres à gaz étaient des salles ayant l’apparence de douches collectives. Quand les victimes étaient enfermées de force à l’intérieur, les tuyaux déversaient non pas de l’eau mais du gaz (Zyklon B).

CRIMES CONTRE L’HUMANITE: « Atrocités et délits y compris mais sans être limités à l’assassinat, à l’extermination, la mise en esclavage, la déportation, et tout autre acte humain commis contre toutes populations civiles avant ou pendant la guerre, ou bien les persécutions pour des motifs politiques, raciaux, religieux lorsque ces actes ou persécutions, qu’ils aient constitué ou non une violation du droit interne des pays où ils ont été perpétrés, ont été commis à la suite de tout crime rentrant dans la compétence de ce tribunal. » (définition du tribunal militaire international de Nuremberg, le 8 août 1945)

GHETTO: partie d’une ville séparée par des murs et des portes afin d’isoler les Juifs des autres habitants. Le premier ghetto fut créé à Venise, en 1516. De nos jours, le terme ghetto désigne un quartier où un groupe d'individus vit séparé des autres.

GENOCIDE: mot inventé en 1944 par Raphael Lemkin désignant au départ, de façon juridique, l’extermination des Juifs et désignant aujourd’hui la volonté d’anéantir une population entière. Ce mot est la contraction de « genos » (la « race » en grec) et de « coedere » (« tuer » en latin).

HOLOCAUSTE : mot tiré de l’Ancien Testament signifiant « sacrifice par le feu » et employé aux Etats-Unis pour évoquer ce que les Français appelle « la Shoah » et ce que les Allemands nomment « La Solution Finale », à savoir l’extermination des Juifs par les nazis.

NAZISME : mot désignant le Parti national-socialiste des travailleurs allemands. Le nazisme est une forme particulière de fascisme qui se concentre sur la notion de race et le contrôle racial.

SHOAH : La « Shoah », mot hébreu signifiant « catastrophe », désigne une des périodes les plus sombres de notre Histoire, ayant eu cours il n’y a pas si longtemps, durant la Seconde Guerre Mondiale (1939-1945). La Shoah, c’est l’extermination massive, progressive et organisée de tous les hommes, femmes et enfants Juifs par l’armée nazie d’Adolf Hitler. Bien que les historiens ne dressent pas tout à fait la même estimation, on dénombre environ six millions de Juifs assassinés par les nazis, des séquestrations mortelles dans les ghettos aux abominations perpétrées dans les « usines de mort ». Les commémorations autour de la libération en 1945 des camps d’extermination auront marqué l’année 2005. Pourtant, des propos et des actes antisémites (anti-Juifs) sévissaient au même moment et persistent encore à ce jour dans les écoles, dans les rues et jusqu’en dans les cimetières.

SS : initiales en allemand de « Scutz-staffel » qui signifie « échelon de protection », "section d'élite des forces d'intervention". Formée en 1925, elle finit par compter 50 000 hommes reconnaissables à leurs chemises noires. Ces hommes étaient choisis pour leur apparence "aryenne" et leur dévotion à la cause nazie.

Quelques ressources DVDs autour de la Shoah

COSTA GAVRAS, in Amen (2 DVDs), Ed. Fox Pathé Europa, 2002
FINKIEL (Emmanuel), in Voyages / Casting (3 DVDs), Ed. Arte Vidéo, 2005
LOSEY (Joseph), in Monsieur Klein, Ed. Studio Canal
POLANSKI (Roman), in Le Pianiste (2 DVDs), Ed. Studio Canal, 2005
RESNAIS (Alain), in Nuit et brouillard, Ed. Arte Vidéo, 2003
SPIELBERG (Steven), in La Liste de Schindler (2 DVDs), Ed. Universal, 2004

Collectif, in Auschwitz, la solution finale (3 DVDs), Ed. TF1 Vidéo, 2005
LEWANDOWSKI (Rafaël), in Une Ombre dans les yeux, Ed. Porte Rouge, Lowave, 2004
ROSIF (Frédéric), in De Nuremberg à Nuremberg (3 DVDs), Ed. Montparnasse, 2005
JAUBERT (Alain), in Auschwitz, la mémoire, Ed. Montparnasse, 2005
LANZMANN (Claude), in Un vivant qui passe/Sobibor, Ed. Cahiers du Cinéma, 2005
MARTINI (Didier), in « Auschwitz, le monde le savait-il ? » (3 DVDs), Ed. MK2, 2005
OPHULS (Marcel), in The Sorrow and the pity, Ed. Image Entretainment, 2001

Bibliographie autour de la Shoah

En Français/ In French:

Quelques témoignages

AMERY (Jean), in Par delà le crime et le châtiment, Actes Sud, 1995
Anthologie, in Témoigner, paroles de la Shoah, Ed. Flammarion, 2000
DEJEAN (Marcel), in Avoir Vingt ans dans les camps nazis, Ed. Mémoires d’Hommes
DELBO (Charlotte), in Auschwitz et après, Les Editions de Minuit, I, II & III, 1970
HOLT (Willy), in Femmes en deuil sur un camion, Ed. Nil, 1995
LEVI (Primo), in Si c’est un homme, Ed. Julliard, Paris, 1987, Presses Pocket, 1990
LEVI (Primo), in Les naufragés et les rescapés. Ed. Gallimard, 1989.
LEVY-OSBERT (Liliane), in Jeunesse vers l’abîme, EDI, 1992
POLANSKI (Roman), Roman, Ed. Robert Laffont, 1984
SZPILMAN (Wladyslaw), in Le Pianiste, Ed. Robert Laffont, 1998
STERN (Anne-Lise), in Le Savoir déporté, Seuil, 2004
WIESEL (Elie), in La Nuit, Ed. de Minuit, 1958
ZLATIN (Sabine), in Les enfants d’Izieu, Le Seuil, 1994

Synthèses & pédagogie

BEDARIDA (François), in Le nazisme et le génocide, Ed. Nathan 1989
BENSOUSSAN (Georges), in Histoire de la Shoah, « Que Sais-je ? », Ed. PUF, 1997
BRUCHFELD (S.) & LEVINE (P.A.), in Dites-le à vos enfants, histoire de la Shoah en Europe, 1933 – 1945, préface de Serge Klarsfeld, Ramsay, 2000
FORGES (Jean-François), in Eduquer contre Auschwitz, ESF, 1997
GRYNBERG (Anne), in La Shoah, l’impossible oubli, in Gallimard Découvertes, 2004
LECOMTE (Jean-Michel), in Enseigner l’Holocauste au XXIème siècle,
MARTINEZ (Gilles), in La Shoah, Mémo Seuil, 1999
NATANSON (Dominique), in J’enseigne avec l’Internet la Shoah, CRDP Bretagne, 2002
TORNER (Carles), in Shoah. Une pédagogie de la mémoire, Ed. de l’Atelier, 2001
WIEVIORKA (Annette), in Auschwitz expliqué à ma fille, Ed. Seuil, 1999

Shoah et cinéma

Collectif, in Nuit et brouillard, Ed. L'Avant Scène Cinéma, n.1, 1961
Collectif, in Le Chagrin et la pitié, Ed. L'Avant Scène Cinéma, n.127/128, 1972
Collectif, in Monsieur Klein, Ed. L'Avant Scène Cinéma, n.175, 1976
Collectif, in Shoah, le film : des psychanalystes écrivent, Ed. Jacques Grancher, 1990
Collectif, in Au sujet de Shoah, le film de Claude Lanzmann, Ed. Belin, 1990
FORGES (Jean-François), in Shoah de Claude Lanzmann, Eden Cinéma, 2001
INSDORF (Annette), in L’Holocauste à l’écran, Cinémaction, 1985
LANZMANN (Claude), in Shoah, Ed. Gallimard, Collection Folio, 1997

B.D.

CROCI (Pascal), in Auschwitz, Ed. Emmanuel Proust, 2004
KUBERT (Joe), in Yossel, Ed. Delcourt, 2005
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TEZUKA, in L’Histoire des trois Adolf, Ed. Tonkam, 2003

En Anglais:

Education

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LINDWER (Willy), in The Last Seven Months of Anne Frank, Macmillan Children's Books, 2000
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NOVICK (Peter), in The Holocaust and Collective Memory, Bloomsbury, 2001
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VIDAL-NACQUET (Pierre), in Assassins of Memory: Essays on the Denial of the Holocaust, Columbia University Press, 1994
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The Holocaust & films

BARON (Laurie), in Projecting the Holocaust into the Present, Rowman & Littlefield Publishers, 2005
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COLOMBAT (Andre Pierre), in The Holocaust in French Film, Scarecrow Press, 1994
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Liens Internet autour de la Shoah

En Français

Education

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FRANCE 5 EDUCATION, in Mini site sur la Shoah, http://education.france5.fr/shoah/
FINGERHUT (Michel), in Site Anti-révisionnisme, http://www.anti-rev.org/
NATANSON (Dominique), in Site Mémoire Juive, http://www.memoire-juive.org/

Institutions

CONSERVATOIRE DU CAMP DE DRANCY http://www.camp-de-drancy.asso.fr/
FONDATION POUR LA MEMOIRE DE LA DEPORTATION http://www.fmd.asso.fr/
MUSEE MEMORIAL DES ENFANTS D’IZIEU http://www.izieu.alma.fr/
MEMOIRE DE LA SHOAH, http://www.memorial-cdjc.org/
MEMOIRE D’AUSCHWITZ http://www.auschwitz.be

En Anglais

Education

HOLOCAUST RESSOURCES FOR TEACHERS http://www.holocaust-trc.org/
LOEWY (Ronny), in Cinematography of Holocausthttp://www.cine-holocaust.de/eng/
REMEMBER http://www.remember.org/
TERRANCE (Mark), in Concentration camps, http://www.concentrationcampguide.com/

Institutions

CENTER OF HOLOCAUST STUDIES http://www.holocaustbcc.org/
HOLOCAUST MEMORIAL CENTER http://www.holocaustcenter.org/
HOLOCAUST SURVIVORS http://www.holocaustsurvivors.org/
SURVIVORS OF THE SHOAH VISUAL HISTORY FOUNDATION http://www.vhf.org/
U. S. HOLOCAUST MEMORIAL MUSEUM http://www.ushmm.org/
YAD VASHEM THE HOLOCAUST MARTYRS http://www.yadvashem.org/

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Dossier écrit par Alexandre Tylski de l'Université Toulouse Le Mirail où il termine actuellement une thèse dédiée à l'oeuvre de Roman Polanski. Alexandre Tylski est également auteur du livre: "Roman Polanski, ses premiers films polonais" (Ed. Aléas) et est directeur de la revue Cadrage et du 1er site pédagogique dédié à Roman Polanski. Il était présent sur le tournage de Oliver Twist. Ce dossier est la propriété exclusive de la revue et des éditions Cadrage/Arkhom'e 2005. Tous droits réservés.

Les "Portraits de Cinéastes" de Cadrage - Une collection dirigée par
© cadrage.net 2003