ROMAN POLANSKI ET LA SHOAH:
PISTES ET RESSOURCES PEDAGOGIQUES
Dossier inédit réalisé
par Alexandre Tylski, Université Toulouse
Le Mirail
Plutôt qu’une analyse monographique
et monolithique, nous vous proposons ici quelques
pistes et ressources pédagogiques (non exhaustives)
destinées à faire réagir et
réfléchir les jeunes générations
face aux films de Roman Polanski et à l’histoire
de la Shoah et ce, après les commémorations
indispensables du 60ème anniversaire de la
libération des camps d’extermination
nazis, et à l’heure de la sortie de
« Oliver Twist » nouveau film de Roman
Polanski. Le cinéaste aura connu la cruauté
du ghetto de Cracovie en Pologne et, contrairement
à sa famille, aura échappé,
de très peu, à l’horreur des
usines de mort. Autant de questionnements possibles
autour de l’impact de la Shoah sur l’œuvre
artistique d’un homme, dont le film «
Le Pianiste » reste une des plus significatives
contributions.
Importance d’une méthodologie
Tout d’abord, il convient de bien faire mesurer,
en particulier aux plus jeunes, toute la délicate
complexité dont relève un tel sujet
d’étude: Roman Polanski et la Shoah,
et, en ce sens, de cultiver d’emblée,
une volonté impérieuse, individuelle
et collective, de sobriété et de précaution.
« Sobriété » dans l’approche
(tout lyrisme étant ici déplacé)
et « précaution » dans les informations
apportées – l’exactitude des
dates et des faits étant toujours cruciale,
mais peut-être plus particulièrement
encore au sujet de Roman Polanski et de la Shoah.
Pourquoi relier la Shoah à Roman Polanski
et en faire une étude éducative ?
Roman Polanski n’a pas fait l’expérience,
ineffable, des usines d’épuration ethnique
créées par les nazis, mais en a subi
lourdement et personnellement les conséquences.
Il reste un des survivants contemporains parmi les
plus actifs de cet abîme de l’Histoire.
Né à Paris en 1933 et aujourd’hui
cinéaste européen majeur, Roman Polanski
vécut en Pologne pendant la Shoah et, dès
l’âge de six ans, connut les violences
quotidiennes du ghetto de Cracovie, dont il évoquera
indirectement la dureté soixante ans plus
tard dans son film Le Pianiste (2002). Il échappa
de peu aux camps de gazage nazis et ce, contrairement
à sa mère, dont la perte le brisa
à jamais. Sa demi sœur, quant à
elle, survécut au camp d’Auschwitz
Birkenau et son père au camp de Mauthausen.
Dès lors, doit se poser en classe la question
des cicatrices de la Shoah sur l’œuvre
cinématographique de Roman Polanski mais
aussi la légitimité même d’un
tel questionnement et d’une étude.
Comme l’a écrit un jour un journaliste
à propos de l’enfance du cinéaste:
« Convient-il d’évoquer cette
enfance tragique pour comprendre le cinéaste
? Notons que Polanski, quant à lui, se refuse
à cette référence: il déteste
qu’on s’apitoie. » (1) Une
démarche racoleuse et larmoyante visant à
tout expliquer d’un artiste par son seul parcours
personnel ne relèverait-il pas d’une
vaste mégarde intellectuelle et d’un
grand manque de respect ?
Un des écrivains polonais déterminants
pour Roman Polanski, Witold Gombrowicz, n’écrivait-il
pas à juste raison: « Je ne réclame
pas qu’on interprète naïvement
l’œuvre par la biographie du créateur
et qu’on relie son art aux aventures de sa
vie (…) » ? (2) Et Roman Polanski de
conclure son autobiographie par ses mots: «
Par quoi ai-je été poussé à
saisir à bras le corps mon monde imaginaire
pour en en faire un vrai ? Est-ce une pulsion sexuelle
qui fut je ne sais comment à la racine de
tout ça ? Est-ce parce que je n’aurais
jamais rencontré toutes les femmes dont je
rêvais si j’étais demeuré
ce rejeton trop petit du ghetto de Cracovie ou ce
jeune paysan de Wysoka ? Non, je ne croyais pas.
Je ne le crois pas encore aujourd’hui. J’ai
plutôt le sentiment que mes escapades, mon
déchaînement et ma force ont jailli
de l’intuition émerveillée de
ce que la vie à offrir. » (3)
Pourtant, si le cinéaste refuse souvent
d’établir des jonctions directes entre
sa carrière créatrice et ses mésaventures
douloureuses, il serait peut-être dangereux
de ne pas faire état de la vie de l’homme
derrière l’art et l’artiste.
Gombrowicz nous avertissait des dérives potentielles
de cette approche, mais il n’était
pas moins un vif pourfendeur du « caractère
pseudo scientifique de la critique (…) Quel
préjudice ont causé les universités
en tentant de prouver qu’on pouvait aborder
l’art de façon scientifique ! Quelle
méthode désastreuse que celle qui
consiste à ne s’intéresser qu’à
l’œuvre en faisant abstraction de la
personne de l’auteur – abstraction qui
en entraîne d’autres : on finit de séparer
l’œuvre de l’écrivain en
la considérant comme un « objet »
indépendant, en la considérant «
objectivement », en transportant tout sur
le terrain pseudo mathématique d’une
esthétique ou d’une sociologie erronées
et bancales, en ouvrant les portes tout grand à
la pédanterie, aux analyses bavardes, à
une désinvolture parée d’une
apparence de majestueuse précision scientifique.
» (4)
Une approche pédagogique autour de Roman
Polanski et de la Shoah devrait probablement ne
pas séparer parcours personnel et parcours
artistique, vie d’enfance et vie d’adulte,
passé et présent, et peut-être
même aussi présent et à venir.
Notes: (1) Pierre Billard, in Le Point, 29 octobre
1979, p.131. (2) Witold Gombrowicz, in Journal 1957-1960,
Ed. Denoël, 1976, p.177. (3) Roman par Polanski,
Ed. Livre de poche 1985, p. 605. (4) Witold Gombrowicz,
in Journal 1957-1960, Ed. Denoël, 1976, p.176-177.
Genèse du film: Le Pianiste
C’est en lisant le témoignage
du pianiste et compositeur Wladyslaw Szpilman, survivant
du ghetto de Varsovie, que le cinéaste sait
qu’il veut en faire un film et ce, sans avoir
à affronter directement son expérience
du ghetto de Cracovie. Le Pianiste est ainsi le
premier film de Roman Polanski tourné en
Pologne depuis quarante ans (depuis Le Couteau dans
l’eau en 1962 donc). Un âpre retour
aux origines donc, à travers le refus, éthique,
de toute sensiblerie facile. La sobriété
de la mise en scène proposée par Roman
Polanski, et qui fut d’ailleurs taxée
par certains d’académique, n’en
signe pas moins un condensé intime, voire
une libération, des thématiques obsessionnelles
du cinéaste, en particulier ici la disparition.
Le Pianiste symbolise en ce sens une sorte d’apothéose
troublante, le cinéaste allant jusqu’à
déclarer: « Avec ce film, Le Pianiste,
j’ai un peu l’impression que tout ce
que je faisais avant était une espèce
de répétition pour faire ce film.
» Mais Le Pianiste représente aussi,
et peut-être même surtout, un témoignage
audiovisuel dur et nécessaire sur l’antisémitisme
et la guerre, hélas toujours de (main) mise.
Roman Polanski avait connu Varsovie sous les bombes
alors qu’il avait six ans, puis était
reparti avec sa famille à Cracovie ; il ne
connut pas le ghetto de Varsovie. Le cinéaste
ne souhaitait pas parler de quelque chose de trop
proche de lui en Pologne (refusant ainsi de tourner
La Liste de Schindler qui se déroulait à
Cracovie), mais d’une époque, elle,
bien connue de lui. Ses souvenirs, il le pense,
il le sait, peuvent, servir la véracité
des faits dans ses moindres frémissements
(un geste d’officier nazi, un soleil radieux
là où l’on ne l’attendrait
pas, etc.).
Le cinéaste est interpellé par la
richesse de détails et le refus de sentimentalisme
de Szpilman, achète les droits du livre,
engage décorateur, costumière et chef
opérateur pour repérages et préparation.
Le film se tournera dans les rues mêmes de
Varsovie mais également à Babelsberg
en Allemagne où l’équipe trouve
une ancienne caserne soviétique en passe
d’être démolie. Polanski dynamitera
les immeubles. Ce seront les « vraies »
fausses ruines de Varsovie. Comme souvent avec le
réalisateur, les lieux déterminent
le scénario, ce n’est ainsi qu’après
les repérages que Polanski engage l’écriture
proprement dite du script en collaboration avec
Ronald Harwood – ce dernier est notamment
l’auteur d’une pièce intitulée
« Taking Sides » retraçant le
vrai parcours d’un chef d’orchestre
allemand anti-nazi sous le Troisième Reich.
Ensemble, Polanski et Harwood travaillent sur la
manière de traduire en images et en sons
les descriptions du livre, descriptions jamais dramatisées
et souvent sans dialogue. Et, ensemble, ils refusent
de faire un film « trop » pédagogique
(pas de voix off explicative) ou « trop »
racoleur (sentimentalisme outrancier, effets dramatiques
spectaculaires, etc.). Mais écrit et tourné
en anglais, hélas, car il est estimé
que le film ne pourrait, sans cela, être financé
convenablement et se « transmettre »
dans le monde entier.
Ensemble, enfin, ils regardent des milliers de
photographies et de films d’époque
trouvés notamment dans les archives de la
WFDIF à Varsovie. Parfois les larmes aux
yeux devant les atrocités filmées
ou photographiées, les deux hommes avoueront
aussi avoir travaillé autant que possible
dans un rire de défense vitale: « L’humour
est un élément vital quand on veut
survivre. Les blagues juives ont toutes un arrière-plan
tragique. En travaillant sur le texte, Roman et
moi avons beaucoup blagué. C’était
la seule façon d’aller jusqu’au
bout des choses, de tenir. » (1). La relation
de Roman Polanski avec son acteur, Adrien Brody,
se passe de la même manière.
Si le tournage du Pianiste connaît quelques
problèmes de logistiques inhérents
à l’ampleur du projet, Polanski avouera,
à la surprise de beaucoup, ne pas avoir souffert
sur le tournage de la pression personnelle et historique
exercée par le film. L’équipe
de tournage connaîtra même de vrais
grands moments. « Certains [polonais] me reconnaissaient
et venaient m’embrasser sur la bouche en signe
d’amitié. Les figurants, parfois au
nombre de 1200, m’ont stupéfié.
Ils se levaient à l’aube, attendaient
des heures tranquilles et habillés avec leurs
costumes d’époque. Ils étaient
encore là à 19 heures avec le même
enthousiasme et l’envie de participer, avec
leurs tripes, à cette page tragique de leur
histoire. » (2)
Notes: (1) propos de Ronald
Harwood recueillis par Yves Alion, L’Avant-Scène
Cinéma, n. 520. (2) Roman Polanski,in Master
Class, Studio/Fnac Etoile, 11 septembre 2002.
Quelques pistes pédagogiques
A propos de Roman Polanski
- Faire réagir une classe, par écrit
ou à l’oral, à l’utilisation
des sons et de la musique dans Le Pianiste. Pourquoi
le cinéaste a-t-il choisi tels types de musiques
et de sons ? et pourquoi les utilise-t-il à
tel ou tel instant d’une scène ?
- Faire consulter, étudier ou créer
collectivement en classe un film documentaire ou
une émission radiophonique comprenant des
témoignages de spécialistes, des réactions
de jeunes et de moins jeunes spectateurs autour
du film Le Pianiste ou encore : faire créer
par les élèves un site Internet autour
du film (se référer en ce sens au
livre pédagogique écrit par Dominique
Natanson intitulé « J’enseigne
avec l’Internet la Shoah et les crimes nazis
», aux éditions CRDP Bretagne, 2002)
- Faire réagir en classe oralement ou par
écrit, individuellement ou par travail de
groupe, autour d’une revue de presse dédiée
au film Le Pianiste. Comment réagir et réfléchir
sur les réactions opposées de la presse
face au film ? Eventuellement, faire comparer les
articles de la presse française avec les
articles de la presse polonaise et / ou anglo-saxonne.
Ces textes et leurs comparaisons, et selon les pays,
apportent-ils ou non de nouvelles lumières
sur le film de Roman Polanski ?
A propos de la Shoah
- Faire rédiger aux élèves
un glossaire autour de mots et de notions en lien
avec la Shoah. Exercice individuel, par groupe ou
collectif. Puis débat autour des choix et
des définitions de mots et de chiffres utilisés.
- Faire consulter, étudier ou créer
collectivement en classe un film documentaire ou
une émission radiophonique comprenant des
témoignages de survivants et de spécialistes,
des réactions de jeunes et de moins jeunes
citoyens ou encore : un site Internet autour de
la Shoah (se référer au livre pédagogique
écrit par Dominique Natanson intitulé
« J’enseigne avec l’Internet la
Shoah et les crimes nazis », aux éditions
CRDP Bretagne, 2002)
- Faire réagir en classe, oralement ou par
écrit, individuellement ou par travail de
groupe, autour du point de vue de Jean-François
Forges : « (…) je ne peux imaginer
l’histoire de la Shoah réduite à
une fiche à apprendre par cœur dans
un tel guide pour la préparation du bac.
Je ne peux pas imaginer l’histoire de la Shoah
scolarisée selon les critères du bac
et sur laquelle on poserait le type de questions
qu’on donne au bac. Je ne vois pas comment
évaluer scolairement le degré de pénétration
dans la conscience de la tragédie de la Shoah.
Bien des élèves ne font de l’histoire
que parce que c’est une matière obligatoire
au bac : étudier la Shoah « pour passer
le bac » me paraît un projet insupportable.
» (Jean-François Forges, in Eduquer
après Auschwitz, ESF Editeur, Paris, 2004,
p.242)
Quelques propos de Roman Polanski
« Pour moi, la plus grande souffrance,
c’était la séparation d’avec
mes parents. (…) Je revis beaucoup de ces
sensations maintenant ayant un enfant. Je pense
à ce moment beaucoup plus que je n’ai
jamais pensé avant. »
(in Une Ombre dans les Yeux, de Rafaël Lewandowski,
1999)
« La torture m’a toujours répugné.
J’ai grandi sous l’occupation allemande,
c’était quelque chose dont on parlait
beaucoup. Le fait que les tortionnaires étaient
souvent de bons pères de famille, des personnes
cultivées qui, jusque-là, avaient
mené une vie ordinaire, signifie-t-il que
nous sommes tous capables d’une telle barbarie
? »
(propos recueillis par Aurélien Ferenczi,
Info Matin, 29/03/1995).
« (…) on vit une époque
de dictatures déchues. Il y a bien des coins
dans le monde où les anciennes victimes côtoient
leurs anciens tortionnaires. Et ce sont des moments
difficiles pour une société qui a
décidé de ne pas poursuivre ces gens-là.
Même dans de tels cas, la réconciliation
est le seul moyen de survivre pour une société.
» (propos recueillis par Emmanuelle Frois,
Le Figaro, 29/03/1995).
« Vous, les journalistes, vous me posez
des questions de journaliste, souvent très
intelligentes auxquelles vous inventez des réponses
instantanées et brillantes. Moi, je ne peux
que vous répondre « Je suis comme ça
», car je ne me livre jamais à l’introspection
qui supposerait une réplique disons psychanalytiquement
intéressante car, dans le fond, tout est
beaucoup simple que vous le supposez. Par exemple,
j’aime le luxe et la belle vie, parce que
je les aime et non parce que je compense la rigueur
stalinienne sous laquelle j’ai vécu
en Pologne, ni parce que je veux oublier le temps
du ghetto et de l’hitlérisme.
»
(Roman Polanski, in Le Figaro, 31/101979)
« On me pose toujours les mêmes
questions sur mon pessimisme, mais encore une fois
je crois qu’il faut seulement parler de réalisme,
il n’y a pas tellement de raisons de croire
que l’homme est bon. Nous sommes toujours
en train de nous gargariser de la bonté humaine,
mais regardez un peu autour de vous. Pensez au nombre
de gens tout simplement tués dans notre siècle.
Par millions. Je ne sais pas si dans toute l’histoire
de notre espèce il y a eu autant de gens
tués que dans ce siècle. »
(Polanski par Polanski, Ed. Chêne, 1986, p.176)
« La violence, c’est mon box de
Skinner – allusion à la boîte
vitrée et aseptisée qui servait de
berceau à la fille du sociologue américain
– petit à petit, cependant, la haine
et le racisme dont se sont rendues coupables, par
contre coup, les victimes du nazisme, se sont apaisés,
effacés, j’ai appris à dominer
mes instincts, à cultiver mon indignation,
à rationaliser mes impulsions, à me
considérer comme un citoyen du monde de demain.
»
(propos recueillis par Claude Sarraute, in Le Monde,
25 mai 1972, p.29)
Glossaire autour de la Shoah
ANTISEMITISME: haine envers le peuple Juif. (voir
définition plus développée
dans le livre Si c'est un homme de Primo
Levi, pages 300 à 312).
CAMPS DE LA MORT: usines de morts (ou « centres
de mise à mort », ainsi nommés
par l’Historien Américain Raul Hilberg)
construites par les nazis pour exterminer l’ensemble
du peuple Juif, ainsi que Tziganes, homosexuels,
résistants politiques, etc. Parmi les premiers
camps, Auschwitz-Birkenau, Chelmno, Treblinka, Sobibor,
Majdanek, Belzec.
CHAMBRE A GAZ: invention nazie destinée
à tuer des hommes, des femmes et des enfants
avec des gaz toxiques. Les chambres à gaz
étaient des salles ayant l’apparence
de douches collectives. Quand les victimes étaient
enfermées de force à l’intérieur,
les tuyaux déversaient non pas de l’eau
mais du gaz (Zyklon B).
CRIMES CONTRE L’HUMANITE: « Atrocités
et délits y compris mais sans être
limités à l’assassinat, à
l’extermination, la mise en esclavage, la
déportation, et tout autre acte humain commis
contre toutes populations civiles avant ou pendant
la guerre, ou bien les persécutions pour
des motifs politiques, raciaux, religieux lorsque
ces actes ou persécutions, qu’ils aient
constitué ou non une violation du droit interne
des pays où ils ont été perpétrés,
ont été commis à la suite de
tout crime rentrant dans la compétence de
ce tribunal. » (définition du tribunal
militaire international de Nuremberg, le 8 août
1945)
GHETTO: partie d’une ville séparée
par des murs et des portes afin d’isoler les
Juifs des autres habitants. Le premier ghetto fut
créé à Venise, en 1516. De
nos jours, le terme ghetto désigne un quartier
où un groupe d'individus vit séparé
des autres.
GENOCIDE: mot inventé en 1944 par Raphael
Lemkin désignant au départ, de façon
juridique, l’extermination des Juifs et désignant
aujourd’hui la volonté d’anéantir
une population entière. Ce mot est la contraction
de « genos » (la « race »
en grec) et de « coedere » («
tuer » en latin).
HOLOCAUSTE : mot tiré de l’Ancien
Testament signifiant « sacrifice par le feu
» et employé aux Etats-Unis pour évoquer
ce que les Français appelle « la Shoah
» et ce que les Allemands nomment «
La Solution Finale », à savoir l’extermination
des Juifs par les nazis.
NAZISME : mot désignant le Parti national-socialiste
des travailleurs allemands. Le nazisme est une forme
particulière de fascisme qui se concentre
sur la notion de race et le contrôle racial.
SHOAH : La « Shoah », mot hébreu
signifiant « catastrophe », désigne
une des périodes les plus sombres de notre
Histoire, ayant eu cours il n’y a pas si longtemps,
durant la Seconde Guerre Mondiale (1939-1945). La
Shoah, c’est l’extermination massive,
progressive et organisée de tous les hommes,
femmes et enfants Juifs par l’armée
nazie d’Adolf Hitler. Bien que les historiens
ne dressent pas tout à fait la même
estimation, on dénombre environ six millions
de Juifs assassinés par les nazis, des séquestrations
mortelles dans les ghettos aux abominations perpétrées
dans les « usines de mort ». Les commémorations
autour de la libération en 1945 des camps
d’extermination auront marqué l’année
2005. Pourtant, des propos et des actes antisémites
(anti-Juifs) sévissaient au même moment
et persistent encore à ce jour dans les écoles,
dans les rues et jusqu’en dans les cimetières.
SS : initiales en allemand de « Scutz-staffel
» qui signifie « échelon de protection
», "section d'élite des forces
d'intervention". Formée en 1925, elle
finit par compter 50 000 hommes reconnaissables
à leurs chemises noires. Ces hommes étaient
choisis pour leur apparence "aryenne"
et leur dévotion à la cause nazie.
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CONSERVATOIRE DU CAMP DE DRANCY http://www.camp-de-drancy.asso.fr/
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MEMOIRE DE LA SHOAH, http://www.memorial-cdjc.org/
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En Anglais
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LOEWY (Ronny), in Cinematography of Holocausthttp://www.cine-holocaust.de/eng/
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CENTER OF HOLOCAUST STUDIES http://www.holocaustbcc.org/
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SURVIVORS OF THE SHOAH VISUAL HISTORY FOUNDATION
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U. S. HOLOCAUST MEMORIAL MUSEUM http://www.ushmm.org/
YAD VASHEM THE HOLOCAUST MARTYRS http://www.yadvashem.org/
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Dossier
écrit par Alexandre
Tylski de l'Université Toulouse Le Mirail
où il termine actuellement une thèse
dédiée à l'oeuvre de Roman
Polanski. Alexandre Tylski est également
auteur du livre: "Roman
Polanski, ses premiers films polonais"
(Ed. Aléas) et est directeur de la revue
Cadrage et
du 1er
site pédagogique dédié à
Roman Polanski. Il était présent
sur le tournage de Oliver
Twist. Ce dossier est la propriété
exclusive de la revue et des éditions Cadrage/Arkhom'e
2005. Tous droits réservés.