Soutien(s) à Roman Polanski
par Alexandre Tylski, Université Toulouse II
Site www.roman-polanski.net (2009-2010)

En tant qu'universitaire, j'ai été un des premiers à réagir face à l'arrestation de Roman Polanski en septembre dernier. Mon rôle a été d'apporter au public et aux médias : faits, calme et raison dans le tumulte international. J'ai ainsi répondu aux questions de Romain Hussenot dans le journal du soir de LCI, à Vincent Parizot dans sa matinale de RTL et à Delphine Chayet du Figaro. Mais j'ai surtout publié dans les 48h une tribune dans Le Monde (reproduis ci-dessous). Nous sommes en Mai 2010, le lynchage médiatique et les diffamations se poursuivent, Roman Polanski est toujours emprisonné, la bête administrative ne veut entendre ni les faits, ni les plaignants ni les soutiens officiels internationaux, la justice suisse doit se ressaisir.

Soutien(s) & textes officiels

"Je ne veux plus me taire" (texte Règle du jeu)
http://laregledujeu.org/2010/05/02/1395/je-ne-peux-plus-me-taire/

Extrait du texte de Roman Polanski:
" Aujourd'hui je ne peux plus me taire ! Je ne peux plus me taire parce que les Autorités judiciaires Américaines viennent de décider, au mépris de tous les arguments et dépositions de tierces personnes, de ne pas accepter de me juger hors ma présence, alors que la même Cour d'appel avait recommandé le contraire.
Je ne peux plus me taire car la victime a été déboutée par la Cour de Californie dans sa énième demande d'arrêter, une fois pour toutes, les poursuites à mon égard et pour cesser d'être harcelée chaque fois que l'on reparle de cette affaire.
Je ne peux plus me taire car mon affaire vient de connaître un énorme rebondissement : le 26 Février dernier Roger Gunson le procureur chargé de l'affaire en 1977, aujourd'hui à la retraite, a déclaré sous serment devant le juge Mary Lou Villar, en présence de David Walgren, le procureur actuel qui avait tout loisir de le contredire et de l'interroger, que le 19 Septembre 1977 le juge Rittenband avait déclaré à toutes les parties que ma peine de prison au pénitencier de Chino correspondrait à la totalité de la peine que j'aurais à exécuter.
Je ne peux plus me taire car la demande d'extradition aux Autorités Suisses est basée sur un mensonge : dans cette même déposition le procureur Roger Gunson a ajouté qu'il était mensonger de prétendre, comme le fait l'actuel procureur dans sa demande d'extradition, que le temps passé à Chino a été un temps consacré à des examens psychologiques. Dans cette demande il est dit que je me suis enfui pour ne pas subir une condamnation de la justice Américaine ; or dans la procédure « plaider coupable » j'avais reconnu les faits et j'étais retourné aux États-Unis pour exécuter ma peine : il ne restait plus que de faire entériner cet accord par le Tribunal avant que le juge décide de renier l'accord pris pour se faire une notoriété médiatique à mes dépens.
Je ne peux plus me taire car, depuis plus de 30 ans, ce sont mes avocats qui ne cessent de répéter que j'ai été trahi par le juge, que le juge s'est parjuré, et que j'ai exécuté ma peine ; aujourd'hui c'est le procureur de l'affaire, à la réputation irréprochable, qui sous la foi du serment, a confirmé tous mes dires et cela a une toute autre portée et projette sur cette affaire une tout autre lumière.
Je ne peux plus me taire car aujourd'hui les mêmes causes produisent les mêmes effets et le nouveau procureur qui s'occupe de cette affaire et qui a demandé mon extradition est lui aussi en campagne électorale et a besoin de notoriété médiatique..!
Je ne peux plus me taire parce que les États-Unis continuent de réclamer mon extradition plus pour me livrer en pâture aux médias du monde entier que pour prononcer un jugement sur lequel un accord a été pris il y a 33 ans.
Je ne peux plus me taire parce que je suis assigné à résidence à Gstaad au prix du versement d'une très grosse caution que je n'ai pu recueillir qu'en hypothéquant l'appartement que j'habitais depuis plus de 30 ans, que je suis loin de ma famille et que je ne peux plus travailler. Voilà ce que j'avais à vous dire en restant dans l'espoir que la Suisse reconnaîtra qu'il n'y a pas lieu à extradition et que je pourrai retrouver la paix et ma famille en toute liberté dans mon pays. " (Roman Polanski)

Visite à l'homme seul
http://laregledujeu.org/2010/05/08/1446/visite-a-lhomme-seul-roman-polanski/

Extrait: “Summum jus, summa injuria. Les Romains, inventeurs et experts en droit, avaient ce proverbe pour dénoncer les excès du formalisme juridique, lorsqu’il risque de se retourner contre la vocation essentielle de l’institution judiciaire : défendre les victimes.
Si j’ai souhaité me rendre auprès de Roman Polanski pour lui témoigner toute ma sympathie, c’est parce qu’il est aujourd’hui précisément une victime d’un tel excès formaliste, et qu’il ne demande qu’à être traité comme le seraient tous ceux qui n’ont pas sa notoriété. Si celle-ci ne lui donne aucun privilège, elle ne doit pas non plus le soumettre à des sévices exceptionnels, après une vie où ils ne lui ont pas été épargnés.” (François-Bernard Mâche)

Soutien de Milan Kundera (Le Monde)
http://www.lemonde.fr/opinions/article/2010/05/06/la-prison-de-roman-polanski-par-milan-kundera_1347555_3232.html

"Free Roman Polanski"
http://www.facebook.com/group.php?gid=150916228200

Pétition La Règle du Jeu pour Roman Polanski
http://laregledujeu.org/2009/11/10/479/signez-la-petition-pour-roman-polanski/

Pétition SACD pour Roman Polanski
http://www.sacd.fr/Le-cinema-soutient-Roman-Polanski-Petition-for-Roman-Polanski.1340.0.html

"Ne jugez pas Polanski à l'emporte-pièce !" par A.Tylski

in Le Monde, Débats, 30 Septembre 2009, n. 20118, p.20

"Cinéastes, acteurs et producteurs français, polonais, italiens, espagnols et américains soutiennent d'une seule voix le doyen Roman Polanski, et son demi-siècle de carrière comme acteur et metteur en scène. Il ne s'agirait pourtant pas que cette émotion, si légitime, sincère et unanime soit-elle, fasse croire au plus grand nombre à un homme privilégié et immunisé de tout par sa seule notoriété et par son génie reconnu. Car c'est exactement le contraire qui se produit hélas !
On ne peut ainsi que déplorer de lire et d'entendre dans les témoignages et les médias, en France et à l'étranger, un certain nombre de jugements à l'emporte-pièce faisant passer Polanski pour une « Star au-dessus des lois ». On entend parler d' « inégalité », mais aussi de « viol » et de « fuite devant ses responsabilités », alors que l'homme a été condamné pour « relation illégale » et a purgé sa peine de prison. Il quitta les Etats-Unis face à la menace d'un deuxième procès mené par le seul juge Rittenband, ensuite démis de l'affaire à cause de ses dérives et excès de pouvoir.

Acharnement kafkaïen
Tout le débat réside dans ces seuls constats. Or, dans le brouhaha médiatique, il est toujours difficile de garder la tête froide et d'évoquer simplement les faits. C'est une des vraies batailles concernant cette affaire. Rappelons donc ici deux constats, très parlants, qui se suffisent chacun.
D'abord, Samantha Gailey, l'ex-mannequin avec qui Polanski a eu une relation sexuelle en 1977, a réclamé plusieurs fois, en vain, l'arrêt des poursuites contre lui. Ainsi, en dépit même de ces tentatives répétées, la machine à broyer ne s'éteint pas, tel un robot géant devenu incontrôlable. Qui plus est, et ce n'est pas rien, des vices de procédure ont été reconnues.
Ces deux seuls faits auraient déjà dû mettre un terme définitif à cette affaire qui perdure depuis trois décennies. Mais rien n'y fait, cet acharnement kafkaïen dont fait l'objet Roman Polanski depuis les années 1960, se poursuit plus que jamais aujourd'hui avec la propagation massive de propos et d'actes déraisonnables, qui causent des dégâts, et troublent la raison et le bon sens.
Le dernier long-métrage de Roman Polanski, The Ghost, en salle en 2010, explore justement la recherche d'exactitude des faits, la résurgence des fantômes, mais aussi les coulisses et le pouvoir absolu de certaines administrations. Alors, lorsque quelques-uns réclament un énième procès, il faudrait leur parler simplement d'abord des faits et des procédés."

Les "Portraits de Cinéastes" de Cadrage - Une collection dirigée par
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